• dans la chaleur de l'été dernierdans la chaleur de l'été dernierdans la chaleur de l'été dernier

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  • La robe rouge

    La robe rouge

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  • La cravache 

     

    Nous revoyons Pietro pour la cinquième fois, non sans plaisir. Comme toujours. Cette amitié nous lie dorénavant et il semble difficile de l’ignorer. En libertinage, l’amitié est déconseillée. Trop de risques de complications. Possible dérive vers des sentiments qu’on ne contrôle pas. Pietro maîtrise et nous le prouve depuis le début. Confiants, nous le sommes. Seul l’avenir nous dira si nous avons eu tort.

    Parfois, dans cette relation, être loin et ne communiquer que par écrit compliquent sévèrement les rapports. Manquent les inférences, les intonations, la gestuelle, les mimiques, les regards, la ponctuation, les sourires. Pietro ne fait pas dans la dentelle, ne remercie pas ou peu, n’utilise que très peu les codes sociaux. Si bien que parfois, il nous semble agacé, ou nous agace. Son manque d’attentions et l’absence de formes nous rendent parfois perplexes. Souvent, on se dit que sa vie est probablement moins édulcorée que la nôtre. Tâchons de lui pardonner ses sautes d’humeur.  

    Et puis, à chaque entrevue, nous retrouvons le plaisir d’une belle amitié. Nous nous livrons chaque fois un peu plus. Alors, pas d’appréhension avant ce rendez-vous à l’hôtel. Sauf peut-être pour ma part. En amont, nous avons évoqué l’idée d’une soirée D/S, traduisez dominant/soumise. C’est une envie qui m’a traversée, pas emportée. J’y ai songé, par curiosité. D’autant que Pietro est un dominant, ne s’en est jamais caché et nous a même confié les détails de sa relation suivie avec Ilona, soumise de longue date, qui sous le regard de son époux se fait malmener par Pietro. Cela me choque autant que ça me fascine. Mon amour propre, mon mauvais caractère ne concordent pas avec soumission. Mais dans un cadre tout autre… comme la sexualité, cela pourrait-il changer ? Cette pratique pourrait-elle m’exciter ? Curieuse je suis.  

    Pietro a émis des doutes quant à cette pratique, au vu de notre amitié. Il semble avoir du mal à me dominer alors que nous avons commencé notre relation de façon très différente, alors que les sentiments qui nous lient sont tout aussi particuliers.

    Aussi, il est précisé qu’il ne s’agira pas d’une véritable séance D/S. A ce stade de ma vie je ne suis pas sûre d‘y prendre du plaisir, donc me faire malmener sans être sûre d‘émoustiller mes sens, bof. Envie de quelque chose de soft, une première initiation, à la fois bienveillante et ferme. Je sais que ce qui nous lie empêchera Pietro d’être excessif ou de prendre son rôle trop à cœur. En lui demandant cela, spécifiquement à lui, je ne m’expose pas à de gros dangers. Mais lorsque je me retrouve seule, dans la chambre d’hôtel, la cravache sur le lit, le foulard pas loin, la fierté a bien fichu le camp. Le doute rôde. 

    Jonah et Pietro ont prévu un temps duel -grande première pour notre couple- ; Jo file chercher le dîner et prend un verre tout en discutant avec les couples que nous devons voir prochainement, via Whatsapp. Je ne suis pas entièrement convaincue que ce soit une bonne idée, j’ai peur de ce qui pourrait en découler. La complicité et les sentiments qui grandissent pour Pietro, la jalousie et le sentiment d’isolement pour Jonah. Or je n’ai pas forcé la main, pas demandé cette configuration. Alors, comme toujours, je m’en remets à mon Jonah, qui garde la tête sur les épaules, confiante.  

    Pietro arrive en souriant : « Salut ma chérie… », m’embrasse, sans ménagement, puis se défait de son manteau. Là, sans trop de discours, il me demande de me déshabiller. Je renâcle un peu, il fait froid, il m’intimide, et c’est un brin humiliant de devoir se mettre à nu devant quelqu’un qui n’attend que cela mais qui demeure vêtu. Il râle et assène : « Allez, là ! On n’a pas toute la soirée devant nous ! » 

    Je souris, file dans la douche, déjà soumise. Là, il me savonne, telle une enfant. C’est étrange. Déstabilisant. Je n’ai pas le droit de l’aider. Je suis passive. Un peu plus soumise encore. Il s’attarde sur mon entrejambe, constate que je suis mouillée et s’en réjouit. Le rinçage est rapide. Il m’emballe dans une serviette. Tout est noyé dans le silence. Il me réchauffe en voyant que je grelotte. Cet acte protecteur et bienveillant me rassure. Un homme qui me veut du bien ne pourra pas me maltraiter outre mesure. Il s’avoue content de me voir, à demi mot. Comme il fait toujours, sans effusion.  

    Ma couleur préférée est évoquée pour stopper les choses si c’est trop hard. Vert anis. Pietro me signale que c’est trop long à articuler. Ça me fait sourire, comme une enfant. Ben oui, c’est le vert anis ma couleur préférée ! Va pour vert. Au fond de moi, j’ose espérer ne pas avoir à prononcer ce mot. On en rit un peu, j’ai du mal à jouer le jeu. Il me faut du temps. Sur le lit, je me réchauffe peu à peu. Pietro le voit et s’approche de moi. Il profite de notre dualité mais je refuse qu’il me pénètre. Jonah en sera reconnaissant, d‘ailleurs lorsque Pietro narrera, non sans détails, notre heure passée ensemble. Cette heure-là est dédiée à la mise en conditions de ma personne. Il me transforme en soumise. Pas en sa maîtresse, alors non, je ne me laisse pas pénétrer, malgré l’envie.

    Pietro en joue et me caresse le sexe de son gland déjà gonflé. Je suis trempée. Il le sent, s’en amuse et me targue d’être une salope, déjà complètement excitée. Il m’embrasse avec sa fougue habituelle qui me m’électrise. Je suis bien mais il manque un élément fondamental. Mon Homme. Alors je ne suis pas à 100 %, même si je décide de jouer le jeu. Je le prends en bouche, lui procure du plaisir au vu de ses commentaires et gémissements. Ça me grise. J’aime ce pouvoir. Il adore être dans ma bouche et malgré son caractère macho et dominant, je le domine grâce à cet atout. Pour ne rien gâcher, j’y prends un plaisir infini. Freud dirait que je suis restée bloquée au stade oral. Peu m’importe. J’aime ça, avec mon Homme, avec Pietro, avec Elvis, avec Amadeus… j’ai toujours aimé ça. Il se glisse ensuite entre mes cuisses et se délecte de ma cyprine qui coule à flot, comme souvent. Pietro commence à me connaître, il connaît mes zones érogènes, les points d’excitation, il sait y faire. Très vite, je sens que la jouissance est proche. « Non Pietro… ne me fais pas jouir, s’il te plaît… ». Cela le fait rire, bien sûr, il est dans son domaine, il y excelle et je le supplie : un tapis rouge. Il me fait éjaculer, mais je ne jouis pas. Pas sans Jonah.  

    Pietro se munit enfin de la cravache. S‘ensuit tout un jeu de caresses et de petites tapes, indolores mais excitantes. Où est le seuil de douleur ? Où est le seuil de tolérance à cette douleur ? J’ignore à quel point tout cela l’excite… Pour ma part, l’intrigue et la crainte ne l’emportent pas sur l’excitation, Pietro le vérifie de ses doigts, marmonne entre ses dents que j’aime ça et que je suis une belle salope. Ce premier test est donc concluant et nous incite à poursuivre. Là, il semble m’abandonner, seule sur le lit. Il me fait allonger au centre, me couvre les pieds puis le visage. Me voilà dans le noir. Je le devine, le sens. Il s’affaire dans la chambre. Je demeure aux aguets de l’arrivée de Jonah, qui semble prendre son temps, confiant. Petit à petit, je comprends que Pietro me prépare à être leur table.  

    Nous avions évoqué ce délire lors de nos derniers échanges verbaux. Pietro prenait un malin plaisir à me choquer en évoquant certaines femmes qui se grimaient en poney, en chien, muselière et queue en prime. Là, j’étais dépassée. « J’accepterais d’être considérée comme un objet, beaucoup moins comme un animal », dis-je. La phrase est retenue, un mois plus tard me voilà sous le joug de Pietro et de la cravache.  

    Il me cale la cravache entre les dents, noue mes mains au-dessus de la tête et je ne peux m’empêcher de songer à Cinquante Nuances de Grey, lu quelques années auparavant, sans songer alors devenir un jour un objet sexuel, en position de soumission, telle Anastasia Steele.  

    Jonah arrive. Je suis à la fois tendue et excitée. Que va-t-il en penser ? Fondamentalement, sa présence me rassure. Le trouple est enfin réuni. Son silence me pose questionnement. Je ne peux voir son sourire, si sourire il y a, ni son regard. Ils bavardent tandis que la cravache entre mes dents m’empêche d’intervenir dans leur conversation. Le repas japonais que Jonah fournit est étalé sur mon corps. Je sens les sushis froids et collants, les soupes brûlantes, les baguettes douces se poser sur ma peau. Pietro veut m’épargner, glisse une serviette en papier sous les bols de soupe, pour ne pas me brûler. La salade de chou est disposée à même mon pubis et tous deux se délectent d’y plonger leurs baguettes, clamant le délice de cette salade au goût inédit. Ils dînent. S’en amusent. Semblent excités. Ils me parlent. Peu au final. Jonah me nourrit de temps à autre, bienveillant. Retour de la cravache après le dîner. On me bande les yeux avec le foulard. J’en reçois quelques coups qui me vaudront une belle marque. Mais ce n’est pas véritablement douloureux. Les effleurements sur ma peau la rendent totalement réceptive, le corps aux aguets, les sens en éveil. C’est excitant d’être soumise, d’être à leur merci, d’être un objet. De plaisir. Je ne sers qu’à cela, je ne donne pas de ma personne cérébrale ; je ne suis qu’un corps, obéissant, soumis, sensuel, dévoué et offert. Les garçons vont se régaler, se repaître de moi, de ma peau, de mon sexe, de ma cyprine, ils vont me prendre telle que je suis, me baiser tour à tour, avec passion, avec délectation, avec lascivité.  

    Cravache

    Jonah annonce tandis que Pietro me prends sans ménagement : « Pas vrai que tu es une salope…? Je veux te l’entendre dire, à l’oreille ». Cette soirée fait tomber toutes les barrières, on dirait. Je souris, entre deux halètements, traversée de plaisir à chaque coup de reins puissants de notre libertin. Jo insiste, Pietro réclame à son tour. Je dois me montrer réticente car Pietro me claque les fesses et exige : « Allez… on veut t‘entendre.» Et là, contre toute attente, je répète ces mots qui me surprennent. A l’oreille de Jonah, j’ajoute : « Je suis ta salope » et cela le fait sourire, tout comme moi. Rien ne nous enlèvera cette complicité, même dans les moments les plus dingues.  

    Je fonds sous leurs caresses, manuelles ou cravachées car cette jolie cravache achetée dans une boutique équestre près de chez nous, va passer dans les mains de Jonah qui s‘en sert avec un plaisir non feint, la laissant traîner entre mes cuisses, sans y entrer. Le plaisir est alors puissant : deux hommes pour moi, maîtrisant la cravache, dont mon Homme, qui s‘en débrouille à merveille. Il cravache sur mon fessier tandis que je prends Pietro en bouche. Délicieux. Comment expliquer ce ravissement ? Difficile. J’offre ma croupe, prête à en recevoir encore, vilaine femme en train de contenter un autre homme, je le mérite non ? Sentir que Jo y prend du plaisir est envoûtant. Nous nous emmêlons, nous caressons, nous léchons, tous les trois. Abandonnant tout contrôle, je jouis sans freiner ma voix et jaillis sur les doigts de Jonah, tandis que Pietro emmêle sa langue avec la mienne. Incroyable orgasme. Inédit. Ressenti jusqu’au bout des orteils. Ces derniers temps, les jouissances sont sans cesse renouvelées, les sensations démultipliées et l’abandon dans lequel je me laisse happer est un peu plus grand à chaque fois. Le lâcher-prise. Quel délice…

    Pietro ne jouira pas ce soir. C’est un plaisir cérébral qu’il a pris, selon ses dires. Au final, redescendre de ce promontoire où le plaisir et la concupiscence régnaient est un peu douloureux, tristounet. Je redeviens Folie, l’épouse de Jonah, la libertine à la sexualité fougueuse, je perds mon statut d’objet. De toutes les attentions.

    Pietro reprend ses distances, retrouve ses soucis. Je rends la clé à l’accueil de l’hôtel, les joues roses et les cheveux passablement emmêlés. Je rougis face au regard de celui qui me prenait pour une touriste sage et bien décidée à visiter la capitale. Non Monsieur, je ne prendrai pas mon petit déjeuner en tête-à-tête avec mon mari demain matin, dans votre salle à manger, mais j’ai pris un pied incroyable, là-haut dans cette petite chambre du cinquième étage, avec ces deux hommes. Merci Monsieur, c‘était sensationnel.  

    Sur le trottoir, en clin d’œil à la dernière soirée à Paris tous les trois où je marchais, fière comme un paon, tenant par le bras mes deux amants, nous réitérons : j’ai le sentiment de flotter, de ne plus toucher terre. Je n’ai plus froid, ni mal nulle part. Je suis remplie d’amour, bercée par les attentions de Jonah et Pietro. Heureuse, quoi. Et lorsque Jonah me glisse à l’oreille : « Tellement fier de toi… », je jubile, m’abreuvant du bonheur de cette vie de femme aimée, épanouie et comblée.  

    Cravache

     


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  • En attendant la neige

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  • Pietro & Moi

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  • Amadeus, le trio sans faille

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