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    C’est Jonah, comme souvent qui a répondu au tout premier message d’Amadeus, le 13 janvier. Ce dernier mit en avant le fait que nous soyons géographiquement proches, qu’il connaissait les nombreuses sollicitations que nous subissions mais qu’il tentait. Simplicité et efficacité, avec une pointe de sincérité. Il n’en fallait pas plus. Jonah lui répond gentiment, m’indique en aparté qu’un (énième) homme seul nous démarche, il veut mon avis. En visitant son album, je me dis que ce barbu aux formes charnues (le sport oui oui, y ‘a pas de secret) est plutôt appétissant et je me projette déjà entre ses bras, les yeux brillants. Lorsque je reprends la conversation sur le site, je lui annonce que seules 20 petites minutes nous séparent. Un luxe au vu de toutes nos précédentes rencontres. Il s’en amuse et annonce la couleur : « c’est pratique, sur un coup de tête, une envie soudaine de prendre un verre, un message et hop… ».  

    On aime son fonctionnement, simple, naturel et fonceur. La discussion est fluide, agréable. Le feeling est là. Le 15 janvier, notre conversation bascule sur Whatsapp, à 3. Le fil de la conversation s’étire longuement, il est bavard, nous lui répondons sans jamais tarder, nous ne boudons pas notre plaisir d’avoir en face de nous un libertin d’une rare sensualité, à l’humour débordant, qui nous livre ses fantasmes, ses envies, avec une sincérité appréciable. Nous échangeons photos, vidéos et autres messages vocaux qui stimulent notre libido. La toute première photo est prise par Jonah, alors que je traîne sur le canapé, mon téléphone dans les mains. Pas de sensualité. Juste l’instant. Notre libertin se saisit de cette occasion pour détailler notre intérieur et décrit certains traits de notre personnalité, de notre vie, grâce aux indices pris dans le décor, avec une épatante perspicacité. Nous sommes titillés et amusés. Ça matche véritablement.

    Amadeus est un libertin épanoui, se dit favorable à la bissexualité, heureux dans sa vie -du moins c’est  ce qui transparaît. Fraîchement séparé, il a basculé vers le célibat, ceci lui permettant de jouir d’une certaine liberté retrouvée et de profiter des joies du libertinage avec un appétit féroce. Régulièrement, il fait des rencontres, peu lui importe l’heure, puisqu’il n’a pas besoin de quantité de sommeil pour garder cette forme et cet enthousiasme qui le caractérisent. Jamais d’homme seul, selon lui. Des couples, des femmes. 

    En se montrant sous un jour bisexuel, Amadeus change la donne : Jonah et moi sommes ainsi sur un pied d’égalité. Pour la première fois. Et c’est très confortable. Je sens que les garçons prennent leurs marques, l’un ne voulant pas effrayer l’autre, tout en testant les limites de ce qui sera apprécié, accepté ou refusé. Jonah se dit bi soft. Ce qui implique qu’aucune pénétration n’est envisagée, même s’il reste ouvert et à l’écoute de l’autre dans les moments intenses. Les jeux évoqués dans notre conversation sont torrides et débridés. Amadeus ne manque pas d’imagination et montre autant de désir pour l’un que pour l’autre. Nous ne touchons plus terre !  

    La proximité de son domicile facilite les choses. Nous avons rarement rencontré un libertin aussi rapidement après le premier contact. Il faut avouer que nous sommes en confiance, que sa jovialité fait du bien et que ce qu’il nous montre de lui est très attrayant. On a tous les deux envie de lui et réciproquement. Tous les ingrédients sont réunis, alors on saute dans le grand bain et rendez-vous est pris pour le 23 janvier.  

    En attendant cette date, Amadeus joue le jeu de la séduction et ça fonctionne terriblement bien. Si bien que le jour J, j’ai la sensation d’aller voir un copain de longue date, avec la certitude de passer une bonne soirée. Pourtant, en dehors de sa jolie voix à l’accent chantant, de son physique sculpté dans le marbre, de son sourire enjôleur, de son sexe souvent dressé et conséquent, nous ne savons rien de lui. Juste que passer cette soirée sera un moment forcément délicieux. Peu de place pour le trac ce soir-là. Et le trajet nous laisse à peine le temps de nous mettre en conditions. L’ambiance est légère dans la voiture, malgré la conduite de nuit sur une route qui nous est inconnue, malgré la neige tombée la veille. Nous ne savons pas à quelle sauce nous allons être dégustés, mais c’est un sentiment d’excitation qui l’emporte sur tous les doutes ou peurs éventuels.  

    Pour ne pas éveiller trop de soupçons auprès de notre trio d’enfants sages et de plus en plus curieux, j’ai enfilé sur ma jupe serrée et mes porte-jarretelles un gilet quelque peu mémère, et enfilé des bottines plates et confortables. Ma fille aînée a déclaré : « On voit Maman que tu n’as pas très envie d’y aller à cette soirée parce que ta tenue… Pas top ! » ce qui n’a pas manqué de nous faire rire. J’ai confirmé que ce dîner chez les amis de Papa ne m’emballait guère, mais qu’il faut parfois se pousser un peu. Affreux menteurs que nous sommes... la culpabilité teinte toujours un peu nos sorties libertines.

    A notre arrivée, avant qu’Amadeus ne descende nous ouvrir la porte de son immeuble, je vire mon gilet d’aïeule, troque mes chaussures confortables pour des talons qui ne me permettraient pas de marcher très loin -quoi que les progrès en matière de démarche en talons aiguilles soient indéniables-. Je sors dans le froid, rejoins Jonah et l’aperçois enfin. L’heure de la confrontation à la réalité a sonné. Tiens, il est vêtu ; je n‘y suis pas habituée. Chemise cintrée, jean, chaussures de ville, barbe et toujours ce sourire qui nous a tant plu. Les premières minutes, la timidité semble cristalliser la conversation, davantage artificielle que par écrit. Aurait-il le trac ? Nous pénétrons son intérieur où tout est propre et ordonné. Au mur, des photos de ses enfants. Rassurant. Nous nous installons autour de la table basse, sur son canapé qui deviendra notre terrain de jeu. J’ignore à ce moment s’il a remarqué que j’ai écouté et respecté ses goûts en portant ce haut qui laisse deviner ma poitrine en liberté, pointant fièrement. Pour le moment, Jonah et moi buvons du petit lait : les ingrédients qui nous semblent essentiels sont là : musique, lumière tamisée, bougies, et à la télévision, un feu de cheminée. On lève nos verres, on trinque, on se détend, on apprend à se connaître encore. Le ton est léger, la blague en ligne directrice. Les choses sont presque trop faciles. Amadeus parle de sexe comme il parle boulot ou musique. A l’aise, définitivement.  

    Il nous a gâtés ce soir, a respecté notre régime alimentaire végétarien, a cuisiné des légumes en quantité et dressé une table pour l’apéritif carrément gourmande. C’est un vrai plaisir d’être accueillis ainsi. Jusqu’ici, jamais nous n’avons été déçus en arrivant chez des libertins. Toutefois, nous n’avons pas tous les mêmes critères d’ambiance. La télévision allumée, on ne valide pas. L’éclairage central au plafonnier, non plus. L’étendoir au milieu du salon encore moins. On appelle ça être exigeants.  

    Encore une fois, les places sont stratégiques : à chacun de mes côtés un homme. Et tandis que nous bavardons, j’ai en tête les gestes à venir, je regarde ses mains et les imagine déjà sur moi, en moi. Lorsque je file aux toilettes, je ne peux m’empêcher de sourire, tremblante d’excitation -et un peu de froid pour tout avouer-. J’ai hâte que les corps se rapprochent et en même temps, le moment qui précède est toujours délicieusement affolant. J’ai envie de tout et me sens capable de tout. Sans limite. Ça me fait presque peur. Je m’essuie en constatant que je dégouline de cyprine, j’ai presque honte. L’idée de retourner vers ces deux hommes qui vont me prendre, tôt ou tard, est alléchante, seulement, les savoir dans ce salon, en pleine discussion, me ravit. De quoi parlent-ils ? A quoi songent-ils au fond d’eux ? Ont-ils des envies particulières ? L’un de l’autre ? Je m’ajouterai à eux. Ce mélange à venir est grisant. Il n’y a pas à faire attention aux gestes, à respecter à tout prix l’hétérosexualité de l’un. Tout est possible, surtout avec Amadeus qui semble très ouvert et extrêmement à l’aise dans sa sexualité, dans son corps, avec un enthousiasme sans faille. Sa personne est délicieusement excitante et véhicule des envies illimitées, débridées, inédites. Jonah et moi sommes en confiance, Amadeus l’est visiblement aussi alors tous les ingrédients sont là pour que commence notre symphonie.  

    Et ça commence très vite, sans chichi, avec une certaine douceur. L’atmosphère est douce et je m’y sens parfaitement bien. Notre hôte commence à m’embrasser dans le cou, chose rare. C’est délicieux car nouveau. Son odeur est nouvelle, ses gestes, la texture de sa peau sont une découverte, le goût de ses lèvres. Jonah nous observe depuis son fauteuil, amusé, excité. Je vois dans ses yeux cette lueur qui me porte, comme à chaque fois, celle qui me fait oser aller vers un autre homme, celle qui me renforce dans mon statut de libertine. Lentement, sans aucune appréhension, je m’abandonne à Amadeus qui sait si bien y faire. J’aime cette façon qu’il a de m’approcher avec respect, et toute la sensualité du monde. Le rapprochement s’opère encore un peu et Jonah se joint à nous, sur ce canapé qui accueillera l’embrasement de nos corps.

    Son téléphone sonne. On interrompt les choses à peine commencées. Un vent de frustration -ou est-ce de l’agacement- souffle en moi. Amadeus a l’air d’être d’avantage accro à son téléphone que je ne le suis moi-même. On se retrouve en tête-à-tête avec Jonah, plaisantant sur l’éventualité d’un coup monté pour nous faire fuir. Ça nous fait marrer. Lorsqu’il revient, avec son accent chantant, il annonce : « Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu ». Nous ne le savons pas non plus. Le stress ? Un réflexe ? Toutefois, il reprend avec un naturel qui le caractérise si bien, là où nous en étions, c’est-à-dire aux baisers. Très vite, je suis dévêtue, ne portant que mon porte-jarretelles noir et mes bas, sexy à souhait. Dans le regard des garçons, je sens un désir grandissant. La chaleur monte, tout comme le plaisir, lorsqu’il s’immisce entre mes cuisses. Mes deux hommes sont à présents dénudés et c’est avec délectation que je les regarde, le sexe dressé, les mains sur mon corps. J’admire les courbes d’Amadeus. Charnues, appelant les caresses.

    Amadeus est démonstratif et ses gémissements sont évocateurs du plaisir qu’il prend. Jo et moi le prenons en bouche en nous dévorant du regard, c’est enivrant et assez nouveau. Dans ces jeux, toutes les configurations possibles ont été réalisées mais ce que je retiens au-delà de l’abandon dans lequel j’ai sombré, c’est le mot double : double pénétration. Des deux façons envisageables. Ce fut pour les deux positions un rare délice, peut-être pas aussi intense pour les garçons. C’est une expérience sexuelle qui demande certains paramètres et cela n’avait jamais été très concluant, sauf avec Lancelot (on avait dû stopper rapidement, tant la douleur avait pris le pas sur le plaisir, seul écueil à ce genre de pratique). L’idée qu’ils soient tous les deux en moi a suscité une excitation cérébrale vraiment nouvelle ainsi qu’un plaisir inouï. Je me sens plus dépravée encore que cela puisse être.

    Ce soir-là, pétrie de confiance, je me suis ouverte à mes amants, sans appréhension aucune. Alors ce fut pour moi un ravissement, autant pour les sens que pour la satisfaction de voir Jo dans les mains/dans la bouche d’un homme, et d’avoir relevé le défi de la double pénétration, le plaisir à la clé.

    Cette confiance qui est le maître mot depuis le début de nos échanges avec Amadeus me permet de faire chuter les barrières. Je vais me transformer en fontaine à deux reprises, grâce à la dextérité de mes deux amants, le canapé en fera les frais, et avoir un orgasme insensé. Quand je dis insensé c’est que le lâcher-prise m’a permis de prendre un pied de folie, avec par ailleurs, des sensations jusque sous la plantes des pieds. Ce même lâcher-prise me fera exulter vocalement dans la jouissance, gênant quelque peu les voisins qui auraient préféré faire une nuit complète. .

    Des bribes de souvenirs me reviennent tandis qu’ils me prennent tour à tour. Amadeus jouit en moi et c’est une satisfaction de voir que mon corps puisse le mener à la jouissance. Jonah, c’est dans ma bouche qu’il se répand, le seul à jouir sans gêner notre entourage.

    Après un moment de calme, durant lequel nous nous nourrissons et nous abreuvons de ce qui reste sur la table, -je n’ai pas gros appétit lorsque je suis entre deux hommes-, vient un moment de tendresse. Nous gisons tous les trois, sur le canapé, les peaux humides se collant, les doigts s’emmêlant, les mains se faisant plus caressantes encore. La musique continue de nous accompagner. La température est montée et je n’ai plus froid. J’apprécie beaucoup ces moments de pause, où la concupiscence fait place à la douceur. Le ton des conversations est toujours badin, léger. La complicité s’est véritablement installée. C’est souvent le moment du dessert, envie de sucré, de douceur.

    Notre sujet de conversation préféré revient très vite : le sexe. Et très vite, Amadeus montre des signes d’envie d’encore. Ça tombe bien, j’ai encore envie. Ce désir qui monte est contagieux et se diffuse à Jo. Je suis étendue entre eux deux, contre leurs peaux, contre leurs corps chauds. Amadeus soulève ma jambe et se glisse entre mes fesses, avec douceur, sans qu’il ne rencontre d’obstacle et cela m’étonne autant que cela me grise. Jo m’embrasse, titille mes tétons à nouveau dressés. Je me délecte et m’abandonne, yeux fermés, bouche entrouverte qui laisse échapper de longs gémissements. Difficile de me souvenir quels doigts se sont occupés de mon clitoris mais la jouissance a littéralement éclaté dans mon corps, entre mes reins, dessinant sur ma peau des frissons épidermiques.

    Amadeus est également un grand expressif en matière d’orgasme, alors je ne suis pas la seule à générer des désagréments dans le voisinage. C’est Jonah qui le fait jouir, de ses mains, tandis que je l’aide de ma bouche. Intense moment de complicité et d’ivresse.

    Puis le niveau sonore redescend, la température également. Je n’ai plus envie de bouger. Juste rester entre eux deux, protégée du reste du monde, apaisée, comblée.

    La réalité refait surface. Comme toujours. Il faut partir. Il est tard et nous travaillons tous les trois le lendemain. Nous nous habillons avec une certaine indolence. On se salue sur le pas de sa porte, fatigués mais heureux. On se dit à une prochaine fois, avec l’assurance qu’il y aura une prochaine fois. Et ça, c’est satisfaisant.

    Dans la voiture, Jonah et moi prenons notre temps avant de débriefer. Nous savourons l’instant. Et puis, je finis par annoncer : « C’était bien hein… », déjà nostalgique. Jonah confirme, avec sa pondération habituelle. Je sais qu’il a passé une belle soirée. Des messages sont échangés dans l’heure qui suit pour se remercier mutuellement de ces heures délicieuses passées ensemble. Le charme a opéré et nous sommes sur un petit nuage. On dirait qu’Amadeus a lui aussi passé un bon moment : « J’ai la tête ailleurs, vous m’avez donné beaucoup de vous. Vous êtes magiques, c’est vraiment un plaisir que d’avoir fait votre connaissance ». Jonah et moi rosissons. Il est délicieux cet Amadeus et on se délecte de sa personne. Quelle belle rencontre…

    La courte nuit ne sera pas réparatrice car étourdie que je suis,  je dois repasser chez lui avant ma journée de travail pour mon téléphone oublié sur son canapé. Un bel acte manqué dirait-on. Très vite les idées fusent dans mon esprit, car l’excitation est encore là. Et je vais constater via la conversation Whatsapp sur le mobile de Jonah qu’elles fusent également dans l’esprit des garçons. Seulement, la princesse que je suis (plutôt Reine mère maintenant...) a besoin de huit heures de sommeil pour être fraîche, dispose et enthousiaste. Tandis que je me prépare, la tête franchement embuée –n’aurait-on pas trop bu hier soir ?- les garçons n’en finissent plus d’échanger des messages. La magie opère toujours on dirait. Jonah lui décrit ma tenue vestimentaire, qui la plupart du temps après ce genre de soirée, est volontairement sobre. Aujourd’hui, ce sera jean et pull noir, dans lesquels je me sens séduisante, effets indirects de ce trio harmonieux.

    Il est tôt, je suis épuisée. Je monte en voiture pour rouler jusqu’à lui. Je n’ai aucun moyen de savoir ce qu’ils échangent durant mon trajet et c’est terriblement frustrant. En moi se jouent des conversations qui me dépassent. L’excitation grandit à l’idée d’une entrevue en tête-à-tête, toutefois, les mots de Jonah avant mon départ tournent dans ma tête : « Tu es sage, hein ? Et pas de regards avec des coeurs dans les yeux ».

    Je me gare en bas de chez lui, le coeur qui bat la chamade. Comme une môme. C’est idiot, je viens juste chercher mon téléphone. Certes. Mais, tout semble possible. Surtout avec Amadeus. Mon esprit coquin n’a pas de difficulté à imaginer des scènes lascives où je m’offre à lui dans l’intimité de son appartement. Je monte l’escalier, il m’attend. Nu sous son peignoir. Ce détail ne m’échappe pas, même, il me titille. Je me dis alors que les intentions d’Amadeus ne laissent pas de place au doute. Quel allumeur... Les cheveux en bataille, les yeux malicieux. On s’embrasse comme deux amis, les regards glissent, l’atmosphère est étrange. Le temps qui passe ne joue pas en notre faveur alors je récupère l’objet du délit en le remerciant, pouvant à peine le regarder dans les yeux. Il y a une certaine tension. Sexuelle, bien sûr. Il me semble si accessible, si ouvert... il suffirait que je glisse ma main... Stop. Je dois partir, je décline son invitation à boire un café qui m’aurait définitivement frustrée. Ou menée à l’interdit. Il m’annonce que dans les messages échangés, Jonah ne se sent pas prêt. Je sais qu’il n’est pas candauliste. Alors, raisonnablement, on se dit au revoir, je l’embrasse tout près de sa bouche. Dans mon souvenir, j’ai effleuré son sexe, du bout des doigts, involontairement –ou pas-. Ou est-ce mon esprit qui a créé ce joli souvenir ? Mystère. Je m’enfuis jusqu’à ma voiture, le laissant seul avec son désir, étouffant le mien. Raisonnable. En paix avec moi-même. La culotte sévèrement humide.

    127 messages ont été échangés pendant mon trajet. J’en reste scotchée. Cette complicité entre eux est un ravissement. Je lis avec un plaisir non feint tous ces échanges –même si parfois je suis déstabilisée de ne plus être au centre du trio-, satisfaite de notre bonne conduite, et prête à affronter ma journée qui risque d’être longue, avec en tête la ferme intention de le revoir. Pour sûr, Amadeus est un virtuose du libertinage. A vingt minutes de chez nous… quelle aubaine.

     


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  • dans la chaleur de l'été dernierdans la chaleur de l'été dernierdans la chaleur de l'été dernier

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  • La robe rouge

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  • La cravache 

     

    Nous revoyons Pietro pour la cinquième fois, non sans plaisir. Comme toujours. Cette amitié nous lie dorénavant et il semble difficile de l’ignorer. En libertinage, l’amitié est déconseillée. Trop de risques de complications. Possible dérive vers des sentiments qu’on ne contrôle pas. Pietro maîtrise et nous le prouve depuis le début. Confiants, nous le sommes. Seul l’avenir nous dira si nous avons eu tort.

    Parfois, dans cette relation, être loin et ne communiquer que par écrit compliquent sévèrement les rapports. Manquent les inférences, les intonations, la gestuelle, les mimiques, les regards, la ponctuation, les sourires. Pietro ne fait pas dans la dentelle, ne remercie pas ou peu, n’utilise que très peu les codes sociaux. Si bien que parfois, il nous semble agacé, ou nous agace. Son manque d’attentions et l’absence de formes nous rendent parfois perplexes. Souvent, on se dit que sa vie est probablement moins édulcorée que la nôtre. Tâchons de lui pardonner ses sautes d’humeur.  

    Et puis, à chaque entrevue, nous retrouvons le plaisir d’une belle amitié. Nous nous livrons chaque fois un peu plus. Alors, pas d’appréhension avant ce rendez-vous à l’hôtel. Sauf peut-être pour ma part. En amont, nous avons évoqué l’idée d’une soirée D/S, traduisez dominant/soumise. C’est une envie qui m’a traversée, pas emportée. J’y ai songé, par curiosité. D’autant que Pietro est un dominant, ne s’en est jamais caché et nous a même confié les détails de sa relation suivie avec Ilona, soumise de longue date, qui sous le regard de son époux se fait malmener par Pietro. Cela me choque autant que ça me fascine. Mon amour propre, mon mauvais caractère ne concordent pas avec soumission. Mais dans un cadre tout autre… comme la sexualité, cela pourrait-il changer ? Cette pratique pourrait-elle m’exciter ? Curieuse je suis.  

    Pietro a émis des doutes quant à cette pratique, au vu de notre amitié. Il semble avoir du mal à me dominer alors que nous avons commencé notre relation de façon très différente, alors que les sentiments qui nous lient sont tout aussi particuliers.

    Aussi, il est précisé qu’il ne s’agira pas d’une véritable séance D/S. A ce stade de ma vie je ne suis pas sûre d‘y prendre du plaisir, donc me faire malmener sans être sûre d‘émoustiller mes sens, bof. Envie de quelque chose de soft, une première initiation, à la fois bienveillante et ferme. Je sais que ce qui nous lie empêchera Pietro d’être excessif ou de prendre son rôle trop à cœur. En lui demandant cela, spécifiquement à lui, je ne m’expose pas à de gros dangers. Mais lorsque je me retrouve seule, dans la chambre d’hôtel, la cravache sur le lit, le foulard pas loin, la fierté a bien fichu le camp. Le doute rôde. 

    Jonah et Pietro ont prévu un temps duel -grande première pour notre couple- ; Jo file chercher le dîner et prend un verre tout en discutant avec les couples que nous devons voir prochainement, via Whatsapp. Je ne suis pas entièrement convaincue que ce soit une bonne idée, j’ai peur de ce qui pourrait en découler. La complicité et les sentiments qui grandissent pour Pietro, la jalousie et le sentiment d’isolement pour Jonah. Or je n’ai pas forcé la main, pas demandé cette configuration. Alors, comme toujours, je m’en remets à mon Jonah, qui garde la tête sur les épaules, confiante.  

    Pietro arrive en souriant : « Salut ma chérie… », m’embrasse, sans ménagement, puis se défait de son manteau. Là, sans trop de discours, il me demande de me déshabiller. Je renâcle un peu, il fait froid, il m’intimide, et c’est un brin humiliant de devoir se mettre à nu devant quelqu’un qui n’attend que cela mais qui demeure vêtu. Il râle et assène : « Allez, là ! On n’a pas toute la soirée devant nous ! » 

    Je souris, file dans la douche, déjà soumise. Là, il me savonne, telle une enfant. C’est étrange. Déstabilisant. Je n’ai pas le droit de l’aider. Je suis passive. Un peu plus soumise encore. Il s’attarde sur mon entrejambe, constate que je suis mouillée et s’en réjouit. Le rinçage est rapide. Il m’emballe dans une serviette. Tout est noyé dans le silence. Il me réchauffe en voyant que je grelotte. Cet acte protecteur et bienveillant me rassure. Un homme qui me veut du bien ne pourra pas me maltraiter outre mesure. Il s’avoue content de me voir, à demi mot. Comme il fait toujours, sans effusion.  

    Ma couleur préférée est évoquée pour stopper les choses si c’est trop hard. Vert anis. Pietro me signale que c’est trop long à articuler. Ça me fait sourire, comme une enfant. Ben oui, c’est le vert anis ma couleur préférée ! Va pour vert. Au fond de moi, j’ose espérer ne pas avoir à prononcer ce mot. On en rit un peu, j’ai du mal à jouer le jeu. Il me faut du temps. Sur le lit, je me réchauffe peu à peu. Pietro le voit et s’approche de moi. Il profite de notre dualité mais je refuse qu’il me pénètre. Jonah en sera reconnaissant, d‘ailleurs lorsque Pietro narrera, non sans détails, notre heure passée ensemble. Cette heure-là est dédiée à la mise en conditions de ma personne. Il me transforme en soumise. Pas en sa maîtresse, alors non, je ne me laisse pas pénétrer, malgré l’envie.

    Pietro en joue et me caresse le sexe de son gland déjà gonflé. Je suis trempée. Il le sent, s’en amuse et me targue d’être une salope, déjà complètement excitée. Il m’embrasse avec sa fougue habituelle qui me m’électrise. Je suis bien mais il manque un élément fondamental. Mon Homme. Alors je ne suis pas à 100 %, même si je décide de jouer le jeu. Je le prends en bouche, lui procure du plaisir au vu de ses commentaires et gémissements. Ça me grise. J’aime ce pouvoir. Il adore être dans ma bouche et malgré son caractère macho et dominant, je le domine grâce à cet atout. Pour ne rien gâcher, j’y prends un plaisir infini. Freud dirait que je suis restée bloquée au stade oral. Peu m’importe. J’aime ça, avec mon Homme, avec Pietro, avec Elvis, avec Amadeus… j’ai toujours aimé ça. Il se glisse ensuite entre mes cuisses et se délecte de ma cyprine qui coule à flot, comme souvent. Pietro commence à me connaître, il connaît mes zones érogènes, les points d’excitation, il sait y faire. Très vite, je sens que la jouissance est proche. « Non Pietro… ne me fais pas jouir, s’il te plaît… ». Cela le fait rire, bien sûr, il est dans son domaine, il y excelle et je le supplie : un tapis rouge. Il me fait éjaculer, mais je ne jouis pas. Pas sans Jonah.  

    Pietro se munit enfin de la cravache. S‘ensuit tout un jeu de caresses et de petites tapes, indolores mais excitantes. Où est le seuil de douleur ? Où est le seuil de tolérance à cette douleur ? J’ignore à quel point tout cela l’excite… Pour ma part, l’intrigue et la crainte ne l’emportent pas sur l’excitation, Pietro le vérifie de ses doigts, marmonne entre ses dents que j’aime ça et que je suis une belle salope. Ce premier test est donc concluant et nous incite à poursuivre. Là, il semble m’abandonner, seule sur le lit. Il me fait allonger au centre, me couvre les pieds puis le visage. Me voilà dans le noir. Je le devine, le sens. Il s’affaire dans la chambre. Je demeure aux aguets de l’arrivée de Jonah, qui semble prendre son temps, confiant. Petit à petit, je comprends que Pietro me prépare à être leur table.  

    Nous avions évoqué ce délire lors de nos derniers échanges verbaux. Pietro prenait un malin plaisir à me choquer en évoquant certaines femmes qui se grimaient en poney, en chien, muselière et queue en prime. Là, j’étais dépassée. « J’accepterais d’être considérée comme un objet, beaucoup moins comme un animal », dis-je. La phrase est retenue, un mois plus tard me voilà sous le joug de Pietro et de la cravache.  

    Il me cale la cravache entre les dents, noue mes mains au-dessus de la tête et je ne peux m’empêcher de songer à Cinquante Nuances de Grey, lu quelques années auparavant, sans songer alors devenir un jour un objet sexuel, en position de soumission, telle Anastasia Steele.  

    Jonah arrive. Je suis à la fois tendue et excitée. Que va-t-il en penser ? Fondamentalement, sa présence me rassure. Le trouple est enfin réuni. Son silence me pose questionnement. Je ne peux voir son sourire, si sourire il y a, ni son regard. Ils bavardent tandis que la cravache entre mes dents m’empêche d’intervenir dans leur conversation. Le repas japonais que Jonah fournit est étalé sur mon corps. Je sens les sushis froids et collants, les soupes brûlantes, les baguettes douces se poser sur ma peau. Pietro veut m’épargner, glisse une serviette en papier sous les bols de soupe, pour ne pas me brûler. La salade de chou est disposée à même mon pubis et tous deux se délectent d’y plonger leurs baguettes, clamant le délice de cette salade au goût inédit. Ils dînent. S’en amusent. Semblent excités. Ils me parlent. Peu au final. Jonah me nourrit de temps à autre, bienveillant. Retour de la cravache après le dîner. On me bande les yeux avec le foulard. J’en reçois quelques coups qui me vaudront une belle marque. Mais ce n’est pas véritablement douloureux. Les effleurements sur ma peau la rendent totalement réceptive, le corps aux aguets, les sens en éveil. C’est excitant d’être soumise, d’être à leur merci, d’être un objet. De plaisir. Je ne sers qu’à cela, je ne donne pas de ma personne cérébrale ; je ne suis qu’un corps, obéissant, soumis, sensuel, dévoué et offert. Les garçons vont se régaler, se repaître de moi, de ma peau, de mon sexe, de ma cyprine, ils vont me prendre telle que je suis, me baiser tour à tour, avec passion, avec délectation, avec lascivité.  

    Cravache

    Jonah annonce tandis que Pietro me prends sans ménagement : « Pas vrai que tu es une salope…? Je veux te l’entendre dire, à l’oreille ». Cette soirée fait tomber toutes les barrières, on dirait. Je souris, entre deux halètements, traversée de plaisir à chaque coup de reins puissants de notre libertin. Jo insiste, Pietro réclame à son tour. Je dois me montrer réticente car Pietro me claque les fesses et exige : « Allez… on veut t‘entendre.» Et là, contre toute attente, je répète ces mots qui me surprennent. A l’oreille de Jonah, j’ajoute : « Je suis ta salope » et cela le fait sourire, tout comme moi. Rien ne nous enlèvera cette complicité, même dans les moments les plus dingues.  

    Je fonds sous leurs caresses, manuelles ou cravachées car cette jolie cravache achetée dans une boutique équestre près de chez nous, va passer dans les mains de Jonah qui s‘en sert avec un plaisir non feint, la laissant traîner entre mes cuisses, sans y entrer. Le plaisir est alors puissant : deux hommes pour moi, maîtrisant la cravache, dont mon Homme, qui s‘en débrouille à merveille. Il cravache sur mon fessier tandis que je prends Pietro en bouche. Délicieux. Comment expliquer ce ravissement ? Difficile. J’offre ma croupe, prête à en recevoir encore, vilaine femme en train de contenter un autre homme, je le mérite non ? Sentir que Jo y prend du plaisir est envoûtant. Nous nous emmêlons, nous caressons, nous léchons, tous les trois. Abandonnant tout contrôle, je jouis sans freiner ma voix et jaillis sur les doigts de Jonah, tandis que Pietro emmêle sa langue avec la mienne. Incroyable orgasme. Inédit. Ressenti jusqu’au bout des orteils. Ces derniers temps, les jouissances sont sans cesse renouvelées, les sensations démultipliées et l’abandon dans lequel je me laisse happer est un peu plus grand à chaque fois. Le lâcher-prise. Quel délice…

    Pietro ne jouira pas ce soir. C’est un plaisir cérébral qu’il a pris, selon ses dires. Au final, redescendre de ce promontoire où le plaisir et la concupiscence régnaient est un peu douloureux, tristounet. Je redeviens Folie, l’épouse de Jonah, la libertine à la sexualité fougueuse, je perds mon statut d’objet. De toutes les attentions.

    Pietro reprend ses distances, retrouve ses soucis. Je rends la clé à l’accueil de l’hôtel, les joues roses et les cheveux passablement emmêlés. Je rougis face au regard de celui qui me prenait pour une touriste sage et bien décidée à visiter la capitale. Non Monsieur, je ne prendrai pas mon petit déjeuner en tête-à-tête avec mon mari demain matin, dans votre salle à manger, mais j’ai pris un pied incroyable, là-haut dans cette petite chambre du cinquième étage, avec ces deux hommes. Merci Monsieur, c‘était sensationnel.  

    Sur le trottoir, en clin d’œil à la dernière soirée à Paris tous les trois où je marchais, fière comme un paon, tenant par le bras mes deux amants, nous réitérons : j’ai le sentiment de flotter, de ne plus toucher terre. Je n’ai plus froid, ni mal nulle part. Je suis remplie d’amour, bercée par les attentions de Jonah et Pietro. Heureuse, quoi. Et lorsque Jonah me glisse à l’oreille : « Tellement fier de toi… », je jubile, m’abreuvant du bonheur de cette vie de femme aimée, épanouie et comblée.  

    Cravache

     


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  • En attendant la neige

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  • Pietro & Moi

    Pietro & Moi


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