• La rencontre avec Eomer à plus de 900 km de mon Homme...

    Le vent souffle encore plus fort sur notre vie sexuelle. Nous avons pris un bon rythme ainsi qu’une certaine assurance, et Jonah a gagné en disponibilité professionnelle. Tout cela cumulé : nous voilà bousculés par une mouvance érotico-sexuelle, fantasma-candauliste, libertino-amoureuse. De quoi nourrir notre appétit sexuel. Je pars en formation dans quelques jours, seule, à Grasse. Ces trois journées m’enchantent et je sautille comme une puce à l’idée d’être seule, tranquille, loin de tout. Juste le temps de me recentrer.

    Depuis que cette escapade a été planifiée, nous avons des idées derrière la tête. Fantasmant beaucoup sur ce scénario, c’est Jonah qui a soulevé l’éventualité d’une rencontre seule là-bas. Il a même déjà songé à l’un de mes followers sur Twitter qui vit dans la région : Max.

    Max et moi échangeons depuis presque deux ans par messages privés, c’est assez fluide et bienveillant, quelques photos ont été échangées, même si cela reste encore un peu timide et un peu moins fréquent ces derniers mois.

    Jonah aspire à une expérience assez différente de ce que nous avons testé jusqu‘ici. Non pas pour qu’elle devienne notre principal mode de fonctionnement, mais il prend du plaisir à imaginer une rencontre sans lui. C’est déjà arrivé deux fois, avec des libertins que nous avions déjà rencontrés. C’est Jonah qui pose les règles, il choisit le partenaire (je donne fort heureusement mon avis !) et décide de m’offrir ou pas. Et j’aime tout particulièrement cette idée. Je suis sa « chose » dont il fait l’usage qui lui plaît.

    Ainsi ce projet nous travaille depuis que ma formation a été calée. Prudemment, j’annonce assez tardivement à Max (cinq jours avant) que je serai dans sa région. Pourquoi prudemment ? Parce que nous voulons être sûrs de nous, sûrs de lui. Pas d’enflammade, pas de plan sur la comète des semaines à l’avance. Il avait déjà proposé une entrevue quelques mois avant, alors qu‘il était à Paris. L’emploi du temps ne nous avait pas permis de réaliser cette rencontre, malheureusement.

    A mon annonce, il ne saute pas au plafond -et c’est un peu décevant pour moi-, propose de nous voir le jeudi soir vers 18H45. Jusqu’à 20H30. J’avais espéré quelque chose de plus… enfin, de moins… Bref, je suis un peu décontenancée mais il en faut plus pour nous arrêter. Très vite nous constatons que cette idée de rencontre nous excite follement, intensifie nos ébats sexuels. Nous en parlons beaucoup, souhaitant avant tout bétonner cette folle aventure qui ne doit pas être une mésaventure. Etant sensée me retrouver seule, avec un homme que ni Jonah ni moi n’aurons vu au préalable -on est loin de l’époque où l’on « castait » nos libertins avec circonspection-, je suis un peu moins impliquée que Jo. Cette sortie de ma zone de confort suscite quelques inquiétudes qui freinent -mais à peine- mon excitation et ma motivation. Peut-être aussi que je ne connais pas assez bien Max et que nos échanges manquent encore un peu de complicité, même si je suis en confiance avec lui.

    Mais à chaque fois qu’il est question de cette rencontre, Jonah s’embrase et c’est contagieux. On imagine des scenarii, on évoque des situations, on se dit à l’oreille combien ce sera bon de me faire prendre par Max et sa jolie queue déjà vue en photo.

    Les jours avancent, mais il est difficile d’échanger avec lui. Marié, il reste très prudent mais exprime avidement son envie de me rencontrer. Me voilà rassurée et flattée. Je crée le groupe Whatsapp, Jo, Max et moi, tout en respectant les heures qu’il m’a indiquées pour y discuter sans éveiller de soupçon. Loin de moi l’envie de lui compliquer la vie. Jo et moi sommes bien décidés à ce que ce séjour se complète par une rencontre libertine. « Si tu veux annuler, fais-le le plus tôt possible ». Max répond avec aplomb qu’il ne veut pas annuler.

    Mercredi 13h40, la veille du départ, le couperet tombe : il ne viendra pas. Trop compliqué, beaucoup de boulot, peu de temps pour passer un moment comme on le voudrait. Nous nous en doutions. Jonah avait tenté de m’y préparer et je me disais prête, seulement, je suis presque blessée et plutôt en colère. En moi s’insinue le sentiment de m’être offerte, apportée sur un plateau puis refusée. Comme on renvoie en cuisine un vin bouchonné ou un gâteau mal cuit. Mon ego vient d’en prendre un coup et je vacille. Je lui écris que je comprends et au fond, je comprends. Mais je ne peux empêcher la rancœur. 

    Le séjour prend dans mon esprit une toute autre tournure. Me consacrer à cette formation à 100 % c’est une bonne chose. Deux soirées au calme me feront beaucoup de bien. Je vais en profiter pour écrire encore et encore. Plaisir cérébral dont je ne me lasse pas. Pas de wifi donc pas de distractions multiples. Jonah va aussi dans ce sens et m’assure qu’il veut que je profite de ces 3 jours pour me détendre. Après ces montagnes russes, je n’ai plus envie de me casser la tête. Tous ces stimuli finissent par nous rendre dingues. Besoin d’apaisement.

    Quelques heures après cette déconvenue, Jo m’envoie pourtant la capture d’une fiche Wyylde d’un libertin tout près de Grasse. Je suis d’abord perplexe. Tentée. Un peu échaudée. J’avais basculé en mode escapade calme de femme rangée, moi. Cependant, tout au fond de mon cerveau émerge une envie.

    « Tente mon Amour, vois si ça vaut le détour ou pas, si c’est un psychopathe ou pas » lui dis-je. Jo recrute merveilleusement bien, m’incitant à lui vouer une confiance aveugle, ou presque. Je suis encore amère, seulement, l’idée d’une rencontre là-bas attise ma curiosité, mon désir.

    C’est ainsi que Jonah prend contact avec Eomer. Ce dernier répond vite et avec tact, incitant mon Homme à poursuivre. En peu de messages, il comprend que c’est un candidat plutôt idéal et lui ouvre notre album, qui semble lui plaire. C’est déjà ça. Ce n’est que lorsque nos enfants seront couchés que nous pourrons en discuter en tête-à-tête. Je suis fatiguée et moyennement motivée. En découvrant son album je relève qu’il a les cheveux longs : mauvais point. Je le fais remarquer à Jo qui le sait déjà. Au demeurant, je suis agréablement surprise par sa jeunesse. 41 ans sur sa fiche, bien moins sur les photos. Un joli visage. Lorsqu’on ouvre l’album d’un inconnu, nos capacités de jugement se mettent en route. On veut garder un esprit ouvert mais les à priori sont là. Pour Eomer, je me dis qu’il a le profil du parfait habitant de la côte d’azur, un brin sûr de lui, le cheveux en bataille étudiée, la peau dorée. Séducteur. Il pourrait ne pas correspondre à ce que j’aime : sincérité, modestie et charme. Je n’arrive pas encore à me projeter.

    Nous regardons notre série, deux ou trois épisodes. Même pas la niak de boucler ma valise. Jonah me propose de lui écrire un petit mot, histoire de tâter le terrain. Eomer répond alors avec un certain flegme qui n’est pas pour me déplaire. Nous échangeons quelques messages. Il n’a rien de la caricature du Pacaïen. C’est simple et sans prise de tête, exactement ce dont j’ai besoin. Pour l’heure, je lui propose de basculer sur Whatsapp, pour simplifier les échanges. Il accepte et aussitôt nous poursuivons notre discussion fluide, piquante et excitante. Je commence à m’intéresser sévèrement à ce libertin drôle et charmeur, qui accepte naturellement de participer à notre scénario.

    Le lendemain Eomer tarde à préciser si l’on se voit le soir-même ou vendredi soir. Je pressens que cela va tomber à l’eau, n’ayant pas le mojo ces derniers temps. Mais j’ai décidé de prendre les choses comme elles viennent. Trop de choses en tête, pas envie d’alourdir la charge mentale.

    Jonah et moi nous séparons à l’aéroport, chauds, plus amoureux que jamais, une certaine pression dans le ventre et un poids sur les épaules. Jouer avec le feu, ça peut être dangereux. Allez, de la confiance, avant tout !  

    Dans l’avion, je sens certains regards posés sur moi. Je dois dégager quelque chose de sexuel… quelque chose qui dit : ce soir, un libertin va peut-être s’occuper de moi, de mon désir toujours High Level, réaliser un fantasme qui me tient ainsi que mon Homme. Ces regards sont grisants et me confortent dans ma position de femme séductrice, prête à s’offrir, ils font monter mon désir, mon assurance et l’envie d’une belle soirée avec Eomer.

    Dans ma voiture de location, je chante à tue-tête, au milieu des embouteillages de fin de semaine, posant un regard amoureux sur les palmiers qui bordent l’autoroute. Je suis bien, épanouie et en confiance. Ces trois jours vont être une délicieuse coupure, quoi qu’il arrive.

    La longue route à la circulation dense aura pourtant un peu raison de cette courte euphorie et c’est fatiguée, un peu migraineuse et le ventre vide que j‘arrive dans l‘appartement loué pour l‘occasion. Il est par ailleurs très agréable, bien décoré et lumineux, la chambre étant séparée du salon par un simple claustra, presque une chambre d‘étudiante. Je me sens rajeunir de 15 années au moins.

    J’appelle Jonah, ce coup de fil me fait du bien. Sa fierté d’être marié à une Hotwife me gonfle d’orgueil et n’aide pas à calmer mon excitation. Il ne me force pas ni ne m’incite. Je reste l’entière pilote. Je m’installe, me détend, me repose. Eomer se manifeste alors, laisse entendre qu’on peut aller boire un verre quelque part, à moins que je ne sois trop fatiguée auquel cas on reporte au lendemain. Classe, il me laisse le choix.

    Eomer, seule sans mon Homme

    Pas forcément envie de ressortir alors telle une Reine, j’annonce les options envisageables : soit ce soir dans mon appart en précisant n’avoir qu’un pauvre sandwich à dîner et l‘obligation de me lever à 7h30, soit demain soir avec un verre en terrasse et tutti quanti. Sa réponse ne tarde pas et elle nous plaît à Jonah et à moi : « Je ne peux décemment pas laisser mourir de faim une hôte de notre région ». C’est charmant, simple, classe et efficace. Il va donc venir. Ça va arriver. Ce n’est plus un fantasme. Là, l’excitation monte sévèrement. Le stress avec. En bonne Hotwife exhib que je suis, je poste malgré tout une photo sur Twitter, dévoilant un sein, dans les dessous que je décide de porter pour lui. Pas de talons, ni de robe, petite valise oblige. Encore une fois, je dois réellement dégager le désir qui m’étreint, l’envie qui me ravage car ce tweet aura son petit succès !

    Je tourne un peu en rond dans l’appartement. Fébrile, je n’arrive pas à me concentrer sur quoi que ce soit, vérifie à plusieurs reprises ma tête, mon maquillage qui a un peu de mal à camoufler la fatigue, mes cheveux et ma tenue. Je sors des verres puis les range, ignorant ce que nous allons boire. En plaçant les préservatifs sur la table de nuit, je me dis que j’ai définitivement bien changé. Pas forcément en mal, seulement, je ne peux m’empêcher de poser un regard étonné sur la personne que je suis devenue, presque surprise. Comme si je prenais seulement conscience de ce que nous faisons Jonah et moi.

    Vu sa nonchalance, mon esprit est convaincu qu’il va prendre son temps avant de débarquer. Alors, lorsque je j’entends frapper à la porte, peu après 20h30, je sursaute presque. Je fonce jusqu’à la porte, prends une grande respiration, terrifiée mais sincèrement surexcitée. Il annonce un soyeux bonsoir, tandis que nous nous embrassons poliment. J’ose à peine le regarder. Ses cheveux sont moins longs que sur les photos. Il entre avec le dîner dans un sac. J’aime définitivement son entrée en matière : «Vous avez commandé un dîner ? » me demande-t-il en souriant. C’est vrai qu’il fait plus jeune que son âge.

    Discussion fluide, sympa. On est bien. Pas prise de tête du tout, quel bonheur. Je songe à Jonah qui aime aussi ces moments de séduction qui précèdent l’assemblage des corps, l‘avant « bascule ». Champagne (quelle délicieuse surprise !) et grignotages, je me détends. Lui semble définitivement détendu, le roi du lâcher-prise apparemment. Quel contraste avec moi… Je ne lui cache pas qu’il a bénéficié de la lâcheté de Max. Je m’excuse un peu, ça le fait marrer d‘être la roue de secours. L’alcool me tourne la tête, en douceur, juste ce qu’il faut pour la bascule, qui a lieu de façon naturelle.

    C’est tellement simple, facile et reposant que je me laisse aller à ce baiser très sensuel. C’est étrange de ne pas avoir le regard de Jonah posé sur moi.  Déstabilisant. J’en suis presque nerveuse.

    On s’embrasse longuement, avec une rare sensualité puis nous nous déplaçons jusqu’au lit. Nous commençons par un corps à corps lascif. C’est déjà très intense et prometteur. J’aime la fermeté de ses gestes et la douceur de ses baisers. Je suis totalement en confiance et définitivement prête à prendre du plaisir avec lui, j‘ai la bénédiction de Jonah, à qui j’envoie quelques photos mais de façon très irrégulière. C’est en effet difficile de couper le rythme surtout qu’on ne se connaît pas, que je ne suis pas un exemple d‘assurance, que c‘est une première pour notre couple. Les longs moments de silence vont rendre Jo fébrile et je vais m’en mordre les doigts, parce que j’ai du mal à respecter ce que nous avions convenu.

    Cette baise est intense et peu coutumière. Il ne fait pas dans les standards et j’adore ça! Il est le seul homme à me pénétrer sans que je ne l’aie pris en bouche. Nous passons de longs moments en missionnaire et c’est un plaisir dingue. Je lui murmure que ça ne faisait pourtant pas partie de mes positions préférées. Ni d’ailleurs les hommes aux cheveux longs. Mais qu’il m’a fait changer d’avis. Il sourit, pas susceptible du tout, lui. Mon corps se grise de ses caresses et ses coups de reins sont magiques. Les baisers sont torrides, sa bouche sensuelle, sa voix envoûtante. Et lorsque je réalise que je me fais baiser par un libertin, sans mon Homme, je sombre dans une exaltation infinie parce que notre liberté sexuelle est devenue démente. C’est peut-être parce que Jo n’est pas là que j’ai du mal à lâcher-prise, je n’éjacule ni ne jouis ce soir-là. Mais quel plaisir… la cyprine coule à flots et lubrifie à merveille mon entrejambe. Eomer est si bienveillant, si agréable, si doué avec ses mains et ce corps sculpté par le sport est un délice à caresser. Je me sens femme entre ses mains, je me sens capable de lui procurer un plaisir infini, comme si des barrières étaient tombées. Envie qu’il n’oublie pas de si tôt cette rencontre. Confiance = 1, timidité = 0, je progresse.

    Alors qu’il est très tard et que les corps se fatiguent, je commence à le sucer (mon pêcher mignon) et le fais jouir, dans ma bouche, avec une délectation toute particulière d’avaler entièrement toute sa semence. Jonah sera fier de moi, je le sais. Tout comme je le suis.

    Eomer ne boude pas son plaisir et je m’enivre de l’entendre ainsi gémir. Puis le silence retombe, le calme qui revient. Les muscles de mes cuisses tétanisent. Courbatures à la clé. Il en profite pour apporter le dessert que nous dévorerons au lit. Encore du plaisir, cette crème au chocolat…

    Eomer, seule sans mon Homme

    Je sais que la nuit va être affreusement courte pour la couche-tôt que je suis. Eomer ne semble pas s’inquiéter de son manque de sommeil. Nous avons du mal à nous séparer. Mais j’ai envie et besoin d’évoquer tout cela avec Jonah. De vive voix.

    Je titube, les jambes en coton, je sais que mon maquillage a foutu le camp, que mes cheveux emmêlés me donnent l’air d’une ex star du rock sur le retour, en fin de concert. Nue sous mon long gilet, il me dit qu’il me trouve très sexy, ça me fait rosir. Une vraie gamine… Difficile de se séparer, c’est magnétique cette attirance physique. Il finit par quitter l’appartement après de longs baisers.

    Coucher tardif. Il est parti et je me sens dans un état second. Jonah s’est endormi, je lui envoie une photo de mon entrejambe, lui dévoilant, provocatrice, mon clitoris gonflé par tant de sexe. Il est presque 2 heures. Une heure plus tard, Jo, très excité, m’envoie un message qui me sort de mon semi sommeil : « Fier de toi… Heureux que ça se soit bien passé, je t’aime ». Il réclame une ou deux photos encore, « même ratées » et ça me fait sourire. Puis nous nous rendormons.

    Lendemain difficile, je suis réveillée par le bruit de la ville en effervescence auquel ma campagne calme ne m‘a pas habituée, peut-être aussi par l‘excitation, tant cérébrale que physique. C’est cette même excitation qui m’a empêchée de dormir la veille… Il n’est pas encore 7 heures et je vois que Jonah est réveillé. La conversation prend une tournure que je n’aime pas : nous sommes bousculés par ce qui vient de se passer et la communication a du mal à se faire. Il y a, au-delà de l’excitation cérébrale, un peu de frustration de son côté. Toutes ces heures passées avec un inconnu sont déstabilisantes, surtout que je ne lui ai rien raconté et l‘imagination ne suffit pas pour qu‘il soit pleinement satisfait. La fatigue ne nous aide pas à y voir clair. Je lui narre notre soirée avec les détails croustillants, je lui montre combien j’ai aimé cette expérience, il me remercie d’avoir réalisé cette envie et nous nous apaisons. Beaucoup de mots, de messages et d’échanges seront nécessaires tout au long de ce séjour, pour nous rassembler, nous renforcer. Je suis impressionnée par mon Homme et le chemin qu’il a fait depuis nos débuts en matière de libertinage.

    Là, il évoque un second rendez-vous le soir même puisque tout s‘est bien passé. Mon cerveau, embué par le manque de sommeil se met en ébullition. Un second rdv ? Ce serait dingue… Dehors, la lumière de la Côte d’Azur illumine les collines de Grasse. J’aperçois la mer au loin en me répétant que j’ai une chance insolente mais comme dit le méchant de Titanic, Caledon Hockley, les vrais hommes créent leur propre chance. Ça fonctionne pour moi, qui suis donc un homme mais avec un joli string.

    « Est-ce que tu en as envie ? » je questionne Jonah. Il me répond par une autre question : « Il t’a envoyé un message depuis que vous vous êtes quittés ? 

    - Non, rien. J’espérais un truc sur Whatsapp.

    - Moi aussi… Il te l’a proposé ?

    - Pas depuis qu’il a évoqué ça mercredi soir, sur le ton de la blague. 

    - Et bien je ne sais pas, il n’est pas encore 8 heures. Mais tu me connais et je te connais ;-) ».

    On se marre et toujours dans cette bulle, je me demande comment on en est arrivé là. J’ai du mal à y voir clair. Mais je me fie à mon instinct, comme toujours. Et cet instinct me dit qu’une seconde entrevue pourrait être délicieuse.

    Reste à savoir si Eomer en a envie.

    Je file à ma formation, déambulant à travers les ruelles pittoresques de la vieille ville, les jambes cotonneuses, l‘esprit ailleurs. Le ciel est d’un bleu insolent. Je ne me sens pas très bien, le malaise vagal risque de pointer son nez, je me connais. Difficile de jouer le jeu avec les collègues et d’affronter la réalité. Je me sens loin de leurs préoccupations. Mais comme Jonah l’a préconisé, je dois me concentrer maintenant. Mes mains tremblent, j’ai chaud et semble la seule à avoir des soucis de température. J’avale du sucre, ça passe. Ouf… car pas très envie de me faire remarquer.

    Eomer se manifeste à 8h20 pour exprimer son allégresse quant à la soirée passée. Je rosis à nouveau. Jonah tend une perche. Délicat et patient, Eomer ne se jette pas dessus, ose à peine. Je frétille d’impatience, m’empêche de croire à une nouvelle belle soirée, suis à l’affût de nouveaux messages Whatsapp.

    Sur notre conversation à trois, facétieusement intitulée Parfum de Grâce, Jonah évoque le joyeux bordel qui règne dans sa tête mais s’avoue agréablement déstabilisé, fier de sa femme et fier de nous. Eomer assure être ravi que cela nous plaise, ayant lui-même vécu une superbe soirée. Je m’efforce de ne pas regarder mon téléphone et de rester concentrée sur la thématique professionnelle, je suis avant tout là pour ça.

    Après avoir hésité sur la teneur de mon message, je finis par indiquer que je suis sur un petit nuage avec des envies d’encore, à grand renfort d’émoticônes, pour lui qui parle également ce langage. Il répond assez vite que les envies d‘encore sont bien entendu plus que partagées. Je jubile. Ma soirée va prendre une autre tournure que celle prévue, la femme séductrice et conquérante que je suis va être servie, à nouveau. 

    Jonah de son côté m’envoie une vidéo de lui, que je ne découvre qu’à la pause, où il se livre sans filtre, où ses mots sont crus et sincères, où je peux le voir se masturber et jouir. Je le trouve incroyablement génial et cette marque de confiance me donne des ailes, me renforce. On s’amuse d’imaginer que peu de mes collègues ici présentes ont reçu ce genre de message.

    Les conversations avec le reste du monde sont quelque peu difficiles. Envie d’une sieste. Je planifie de rattraper mon manque de sommeil ce midi. Après avoir enfin eu Jonah au téléphone qui me conforte de nouveau et me fait du bien, retour à l’appartement, toujours baigné de lumière. Je déjeune mal et vite, encore dans un état second. Impossible de m’endormir, malgré la méditation, malgré les respirations yogi. Je coupe le téléphone et ses stimulations et c’est cependant un temps calme qui me fait du bien.

    Retour à la formation, dans cette salle aux murs sans fenêtre. Alors que j’ai envie de soleil et de Grasse, envie de faire exploser mes sens, envie d’encore.

    Dur de lutter contre la fatigue. On sort tard, la nuit tombe déjà. Je dois faire quelques courses pour ce soir mais aussi pour me remonter : Redbull, Doliprane et aliment sucré à consommer immédiatement. Les courses sont compliquées à faire, Eomer n’a pas donné de news, je ne sais pas à quoi va ressemble notre second round. Je retourne à pieds à l’appartement : boisson énergisante, glace et douche vont me retaper ainsi qu’une longue et belle conversation avec mon Homme. Eomer se manifeste enfin, toujours partant pour se voir. Nous convenons qu’il passera après l’apéro des collègues et rien que ça souille déjà mes sous-vêtements.

    Je discute avec A. et S. sur Whatsapp, et cette conversation m’émoustille, comme à chaque fois que nous échangeons. C’est une belle amitié qui se développe avec ce couple rencontré il y a quelques semaines. Sur mon lit, je me vautre, un peu remontée grâce au soda chimique, en me disant que ça vaut drôlement le coup de manger bio et 5 fruits et légumes par jour pour tout ficher en l‘air en deux jours...

    Les heures passent, je bouquine, péniblement. La concentration est difficile à trouver. Exigeante, je finis par lui envoyer un message, vers 20h30 annonçant que s’il veut me trouver éveillée, il doit arriver avant 22h. Il prend son temps, et propose de me prévenir lorsqu’il partira. Décidée à suivre son modèle de lâcher prise je refuse et annonce que la porte de l’appartement sera ouverte.

    21h30 je le relance : « tic tac tic tac la belle au bois dormant va s’endormir si elle n’est pas stimulée ». Il répond « tic tac tic tac vroum vroum ». Parallèlement, la conversation avec Jonah précise davantage de photos et de vidéos. Promis, je vais m’atteler à lui faire partager toutes ces heures d’abandon et d’indécence.

    Eomer arrive à 21h50, le filou. Au cliquetis de la poignée de la porte, je me dresse, ma pomme dans la main, le cœur battant la chamade, les papillons tourbillonnant entre les reins. Il avance vers moi, le sourire aux lèvres. C’est étrange de retrouver cette silhouette et ce visage que je connais maintenant et de m’avancer vers lui, en toute confiance. Nous nous faisons face, les mains s‘emmêlent. Nous nous embrassons comme la veille en nous quittant. C’est presque comme dans un film dit la gamine qui sommeille en moi.

    Durant un long moment, nous sommes debout, face à face, les baisers sont langoureux, les corps ondulants et se frottant. Sentir son érection contre moi me grise. Je lui fais remarquer qu’une seconde fois est souvent moins bien que la première. Il sourit en me murmurant : Ah tu crois ? Cela ne nous arrête pas en tous cas, j‘ai encore le reste de ma pomme dans la main. La tension sexuelle est palpable. Nous sommes là tous les deux pour la même chose. On ne tergiverse pas, du plaisir, de l’abandon et de l’extase.

    Pas d’apéro, pas de rosé, rien. J’avais pour cette fois préparé quelques trucs qui resteront sur le plan de travail, sans être touchés. Nous basculons sur le lit pour 6h30 de baise. On prend le temps, on se frotte longuement, sans ôter nos pantalons, c’est très érotique et je me sens déjà transportée. Eomer est tout aussi sensuel, tendre et entreprenant que la veille. Les vêtements tombent, un à un ; je n‘ai plus froid. Nous prenons notre temps, comme pour ouvrir une boîte de pâtisserie de Pierre Hermé ; le ravissement vient ensuite. Les échanges de regard sont ensorcelants, le contact de nos peaux nous enivre, les langues s‘emmêlent passionnément. Enfin, Eomer me pénètre en plongeant son regard dans le mien, me faisant gémir de soulagement. Des heures que je songeais à ce sexe en moi, dans mon antre plus qu’humide. Ses va et vient entre mes cuisses m’emportent, ses yeux plongés dans les miens me grisent, ses grognements me donnent envie de lui donner encore plus de moi, plus de concupiscence.

    Je fais quelques photos de nous deux, ainsi que des séquences vidéos où Jonah peut m’entendre gémir. C’est dingue de filmer ce corps à corps mais ce qui le sera encore plus, ce sera de visionner ces vidéos avec Jonah lors de nos retrouvailles, terriblement ardentes.

    Nous nous connaissons un peu maintenant, la confiance est là, l‘assurance nous pousse à nous livrer l’un à l’autre sans appréhension. Et c’est ce qui me permettra de jouir, intensément. En missionnaire, sans les mains. Du jamais vu… J’en reste scotchée. Eomer me sourit, de ce sourire exquis, plutôt satisfait de la tournure que prennent ces ébats. Cette soirée sera ponctuée de petites pauses, comme si l’on voulait profiter, comme pour prolonger ces instants d‘exaltation. Les discussions sur l’oreiller sont fluides, même si beaucoup de sujets nous divisent, générant de courts débats où la moquerie sera reine. C’est drôle parce que cela ne freine en rien notre duo. Et de nouveau, avec un appétit sincère, nous reprenons nos ébats. C’est magnétique. Les corps sont parfaitement compatibles. Puis nous bavardons encore. La distance s’est véritablement réduite. J’en profite pour jeter un coup d’œil à mon téléphone où Jo me taquine : « Les plats ce soir étaient très bons mais le service laisse à désirer, le client s’est même endormi. De nouveau abandonné, il va partir sans payer. Bonne nuit bête d’amour ». Je lui réponds brièvement qu’Eomer et moi discutons, sans penser que ces moments de pauses peuvent être éprouvant pour lui qui est à distance. Nous avons toujours envie de sexe, alors Eomer me prend encore et encore, sans que je ne me lasse, sans qu’il ne se lasse non plus, visiblement. Il jouit alors que je le chevauche, lui laissant tout le loisir d’admirer ma croupe offerte. Je goûte à nouveau son foutre avec délice. Son orgasme paraît moins incroyable que la veille. La seconde fois est toujours moins bien… mais il n’en laisse rien paraître. Nous nous enlaçons, toujours chauds, mais un peu apaisés. Sur mon téléphone, j’annonce à Jonah que notre soirée se termine, comme pour me signaler à lui, lui rappeler que j’ai besoin qu’on en parle, que je veux lui raconter…

    Eomer finit par se rhabiller. L’idée de lui proposer de rester dormir me traverse, à plusieurs reprises, avec un réveil qui pourrait constituer un dernier round. Mais je renonce, ce n’est pas dans nos plans, trop risqué, et puis cela donnerait une toute autre tournure à cette aventure que nous avons choisie de vivre.

    Nous n’avons rien avalé de toute la soirée. Un peu d’eau peut-être. Alors, je reprends ma pomme, croque dedans et lui tend. Il y croque à son tour et nous nous embrassons à nouveau, mêlant salive, pomme et langue. Un baiser furieusement érotique. Il me parlait justement de baisers orgasmiques… on y est presque. De quoi nous donner envie d’y retourner… Mais il est presque 4 heures. La ville dort dans ses lumières orangées. Comme la veille, c’est dur de se séparer. Le magnétisme opère encore et toujours…. « Ensorceleuse » me murmure-t-il. On sait que c’est vraiment la dernière fois, contrairement aux autres rencontres Wyylde où l’on se promet souvent de remettre ça, même si cela n’arrive pas systématiquement. Encore un dernier baiser et je le vois disparaître dans l’escalier. Les fins de soirées libertines sont toujours aussi difficiles à gérer pour moi, la séparation brutale et durable est douloureuse… Je referme la porte, m’empresse de retrouver Jonah, qui s’est réveillé. Nous sommes sur notre petit nuage, exaltés par ces heures folles, ivres de fatigue, dans état second. Les photos et vidéos partagées avec lui ont fait monter l’excitation, il m’envoie des photos le prouvant, même s’il en aurait voulu plus et qu’une fois encore partager une telle soirée n’est pas simple. Mais nous apprenons et allons progresser c‘est certain. Nous nous effondrons chacun de notre côté, dans un sommeil peu réparateur, tourmentés et émoustillés.

     

    Réveil étrange. Cette parenthèse se termine. Il y a encore son odeur sur l’oreiller. Jonah et moi échangeons de nouveau sur Whatsapp, fiers de nous, heureux, apaisés et pressés de nous retrouver. Il me prépare à la redescente : retour à la vie de famille, session piscine municipale, maison bruyante et en bazar. Je ne serai plus le centre des attentions et cela pourrait être violent. Je le sais et tente de m’y préparer.

    Jonah envoie à Eomer un message de remerciement pour avoir si bien pris soin de la Femme de sa vie, auquel il joint un petit montage des photos reçues la veille, où ma bouche ouverte et mes yeux plissés montrent le plaisir pris. Sa réponse est comme lui, simple, sincère, charmante : « Mmmh, quelle vision au réveil, cela poursuit un peu cette parenthèse enchantée… Merci à toi Jonah de cette confiance et d’avoir permis ces deux magnifiques soirées… Et bien sûr merci à toi FolieBloom, tout simplement ». Je ne suis pas prête de redescendre de mon petit nuage…

    Quelques heures s’offrent devant moi avant de retrouver l’aéroport. Je quitte Grasse non sans amertume. Pourtant tout ce qui m’attend me remplit de bonheur, mais ce que je laisse derrière moi m’a tant apporté que j’en suis mélancolique. La sortie de l’autoroute qui indique sa ville me nargue. Je saisis l’instant avec mon téléphone pour lui envoyer : « Un coucou en passant, avec ma voiture de cagole. Merci Eomer pour ces deux soirées douces et dingues. Pas sûre que ce soit ma formation qui me restera le plus en tête de ce séjour… ».

    Me voilà sur la Promenade des Anglais, sous le soleil niçois. La fatigue est bien là, les courbatures aussi et cela me fait sourire. Bizarrement, je me sens différente. Une nouvelle femme pour Jonah. Les passants sont à des lieues d’imaginer ce que je viens d’accomplir. Moi-même j’ai du mal à réaliser.

    Mon séjour prend fin progressivement. Rendre la voiture de location, enregistrer ses bagages, viser l’aéroport d’Orly. Dans l’avion presque vide, je tente de dormir, en vain. Je sens que la parenthèse se referme peu à peu. Jonah m’attend à l’aéroport et les retrouvailles sont sincèrement heureuses, passionnés et plutôt torrides. Il me tend un sac Victoria’s Secret, comme pour me récompenser, rempli de jolies culottes insensées. Nous nous embrassons comme nous nous sommes rarement embrassés, d’habitudes plus pudiques. Son sourire, comme le mien, en dit long sur les émotions qui nous traversent. Dans les champs qui entourent notre village, nous arrêterons la voiture, peu avant d’arriver, pour assouvir ce désir fougueux qui nous étreint. Je le prends en bouche jusqu’à une jouissance inouïe qui se fait dans des gémissements inédits pour Jonah. Je suis heureuse, fière, comblée. Puis enfin, retrouver la maison, les enfants, la vie calme et rangée.

    Wahou… quelle magnifique escapade. Et surtout, quelle chance d’être tombée sur Eomer, libertin classe et bienveillant, doué et loyal. Un (très) joli souvenir grassois.

    « Teddy, ma fontaine de jouvence... Folie sous toutes les coutures en camaïeu de Noir&Blanc »

  • Commentaires

    1
    Sesriem
    Mardi 9 Avril à 13:49
    Quel récit ! J'en suis encore tout excite. Et ces photos magnifiques. Vous êtes une déesse. J'aimerais vous écrire un articles pour raconter l'excitation que vous me procurez. Intéressée ?
      • Mardi 9 Avril à 15:56

        merci pour ce compliment, je reste ouverte à toute proposition bien sûr :-)

      • Sesriem
        Mardi 9 Avril à 16:55
        Envoyez moi votre mail !
      • Jeudi 11 Avril à 08:53

        foliebloom@yahoo.com

    2
    911-RS James
    Mercredi 10 Avril à 20:45
    Bonsoir à vous,
    Incroyable récit !! Je viens de passer un divin movement à vous lire...
    Magnifique.
    Félicitations, continuez.
      • Jeudi 11 Avril à 08:52

        Heureuse que vous y ayez pris du plaisir, merci pour votre retour

    3
    Vendredi 3 Mai à 00:30

    Quelle épopée extraordinaire ….

    De nature assez sensible, ce voyage m'a fasciné, choqué et comblé en même temps. Que ne donnerais-je pas pour vivre une telle aventure.  Votre courage et celui de Jonah me subjugue … comment atteindre une telle complicité dans le couple sans avoir en tête d'aller un jour "trop loin". Marié à une femme que j'aime (la femme de ma vie pour reprendre les termes de Jonah), c'est en toute sincérité que j'avoue envier vos rapports alliant sexe, liberté et respect mutuel.

    Quel bonheur de vous lire même si ces lectures provoquent chez moi de sérieuses insomnies …

    A bientôt j'espère pour de nouvelles aventures.

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