• Le vent souffle encore plus fort sur notre vie sexuelle. Nous avons pris un bon rythme ainsi qu’une certaine assurance, et Jonah a gagné en disponibilité professionnelle. Tout cela cumulé : nous voilà bousculés par une mouvance érotico-sexuelle, fantasma-candauliste, libertino-amoureuse. De quoi nourrir notre appétit sexuel. Je pars en formation dans quelques jours, seule, à Grasse. Ces trois journées m’enchantent et je sautille comme une puce à l’idée d’être seule, tranquille, loin de tout. Juste le temps de me recentrer.

    Depuis que cette escapade a été planifiée, nous avons des idées derrière la tête. Fantasmant beaucoup sur ce scénario, c’est Jonah qui a soulevé l’éventualité d’une rencontre seule là-bas. Il a même déjà songé à l’un de mes followers sur Twitter qui vit dans la région : Max.

    Max et moi échangeons depuis presque deux ans par messages privés, c’est assez fluide et bienveillant, quelques photos ont été échangées, même si cela reste encore un peu timide et un peu moins fréquent ces derniers mois.

    Jonah aspire à une expérience assez différente de ce que nous avons testé jusqu‘ici. Non pas pour qu’elle devienne notre principal mode de fonctionnement, mais il prend du plaisir à imaginer une rencontre sans lui. C’est déjà arrivé deux fois, avec des libertins que nous avions déjà rencontrés. C’est Jonah qui pose les règles, il choisit le partenaire (je donne fort heureusement mon avis !) et décide de m’offrir ou pas. Et j’aime tout particulièrement cette idée. Je suis sa « chose » dont il fait l’usage qui lui plaît.

    Ainsi ce projet nous travaille depuis que ma formation a été calée. Prudemment, j’annonce assez tardivement à Max (cinq jours avant) que je serai dans sa région. Pourquoi prudemment ? Parce que nous voulons être sûrs de nous, sûrs de lui. Pas d’enflammade, pas de plan sur la comète des semaines à l’avance. Il avait déjà proposé une entrevue quelques mois avant, alors qu‘il était à Paris. L’emploi du temps ne nous avait pas permis de réaliser cette rencontre, malheureusement.

    A mon annonce, il ne saute pas au plafond -et c’est un peu décevant pour moi-, propose de nous voir le jeudi soir vers 18H45. Jusqu’à 20H30. J’avais espéré quelque chose de plus… enfin, de moins… Bref, je suis un peu décontenancée mais il en faut plus pour nous arrêter. Très vite nous constatons que cette idée de rencontre nous excite follement, intensifie nos ébats sexuels. Nous en parlons beaucoup, souhaitant avant tout bétonner cette folle aventure qui ne doit pas être une mésaventure. Etant sensée me retrouver seule, avec un homme que ni Jonah ni moi n’aurons vu au préalable -on est loin de l’époque où l’on « castait » nos libertins avec circonspection-, je suis un peu moins impliquée que Jo. Cette sortie de ma zone de confort suscite quelques inquiétudes qui freinent -mais à peine- mon excitation et ma motivation. Peut-être aussi que je ne connais pas assez bien Max et que nos échanges manquent encore un peu de complicité, même si je suis en confiance avec lui.

    Mais à chaque fois qu’il est question de cette rencontre, Jonah s’embrase et c’est contagieux. On imagine des scenarii, on évoque des situations, on se dit à l’oreille combien ce sera bon de me faire prendre par Max et sa jolie queue déjà vue en photo.

    Les jours avancent, mais il est difficile d’échanger avec lui. Marié, il reste très prudent mais exprime avidement son envie de me rencontrer. Me voilà rassurée et flattée. Je crée le groupe Whatsapp, Jo, Max et moi, tout en respectant les heures qu’il m’a indiquées pour y discuter sans éveiller de soupçon. Loin de moi l’envie de lui compliquer la vie. Jo et moi sommes bien décidés à ce que ce séjour se complète par une rencontre libertine. « Si tu veux annuler, fais-le le plus tôt possible ». Max répond avec aplomb qu’il ne veut pas annuler.

    Mercredi 13h40, la veille du départ, le couperet tombe : il ne viendra pas. Trop compliqué, beaucoup de boulot, peu de temps pour passer un moment comme on le voudrait. Nous nous en doutions. Jonah avait tenté de m’y préparer et je me disais prête, seulement, je suis presque blessée et plutôt en colère. En moi s’insinue le sentiment de m’être offerte, apportée sur un plateau puis refusée. Comme on renvoie en cuisine un vin bouchonné ou un gâteau mal cuit. Mon ego vient d’en prendre un coup et je vacille. Je lui écris que je comprends et au fond, je comprends. Mais je ne peux empêcher la rancœur. 

    Le séjour prend dans mon esprit une toute autre tournure. Me consacrer à cette formation à 100 % c’est une bonne chose. Deux soirées au calme me feront beaucoup de bien. Je vais en profiter pour écrire encore et encore. Plaisir cérébral dont je ne me lasse pas. Pas de wifi donc pas de distractions multiples. Jonah va aussi dans ce sens et m’assure qu’il veut que je profite de ces 3 jours pour me détendre. Après ces montagnes russes, je n’ai plus envie de me casser la tête. Tous ces stimuli finissent par nous rendre dingues. Besoin d’apaisement.

    Quelques heures après cette déconvenue, Jo m’envoie pourtant la capture d’une fiche Wyylde d’un libertin tout près de Grasse. Je suis d’abord perplexe. Tentée. Un peu échaudée. J’avais basculé en mode escapade calme de femme rangée, moi. Cependant, tout au fond de mon cerveau émerge une envie.

    « Tente mon Amour, vois si ça vaut le détour ou pas, si c’est un psychopathe ou pas » lui dis-je. Jo recrute merveilleusement bien, m’incitant à lui vouer une confiance aveugle, ou presque. Je suis encore amère, seulement, l’idée d’une rencontre là-bas attise ma curiosité, mon désir.

    C’est ainsi que Jonah prend contact avec Eomer. Ce dernier répond vite et avec tact, incitant mon Homme à poursuivre. En peu de messages, il comprend que c’est un candidat plutôt idéal et lui ouvre notre album, qui semble lui plaire. C’est déjà ça. Ce n’est que lorsque nos enfants seront couchés que nous pourrons en discuter en tête-à-tête. Je suis fatiguée et moyennement motivée. En découvrant son album je relève qu’il a les cheveux longs : mauvais point. Je le fais remarquer à Jo qui le sait déjà. Au demeurant, je suis agréablement surprise par sa jeunesse. 41 ans sur sa fiche, bien moins sur les photos. Un joli visage. Lorsqu’on ouvre l’album d’un inconnu, nos capacités de jugement se mettent en route. On veut garder un esprit ouvert mais les à priori sont là. Pour Eomer, je me dis qu’il a le profil du parfait habitant de la côte d’azur, un brin sûr de lui, le cheveux en bataille étudiée, la peau dorée. Séducteur. Il pourrait ne pas correspondre à ce que j’aime : sincérité, modestie et charme. Je n’arrive pas encore à me projeter.

    Nous regardons notre série, deux ou trois épisodes. Même pas la niak de boucler ma valise. Jonah me propose de lui écrire un petit mot, histoire de tâter le terrain. Eomer répond alors avec un certain flegme qui n’est pas pour me déplaire. Nous échangeons quelques messages. Il n’a rien de la caricature du Pacaïen. C’est simple et sans prise de tête, exactement ce dont j’ai besoin. Pour l’heure, je lui propose de basculer sur Whatsapp, pour simplifier les échanges. Il accepte et aussitôt nous poursuivons notre discussion fluide, piquante et excitante. Je commence à m’intéresser sévèrement à ce libertin drôle et charmeur, qui accepte naturellement de participer à notre scénario.

    Le lendemain Eomer tarde à préciser si l’on se voit le soir-même ou vendredi soir. Je pressens que cela va tomber à l’eau, n’ayant pas le mojo ces derniers temps. Mais j’ai décidé de prendre les choses comme elles viennent. Trop de choses en tête, pas envie d’alourdir la charge mentale.

    Jonah et moi nous séparons à l’aéroport, chauds, plus amoureux que jamais, une certaine pression dans le ventre et un poids sur les épaules. Jouer avec le feu, ça peut être dangereux. Allez, de la confiance, avant tout !  

    Dans l’avion, je sens certains regards posés sur moi. Je dois dégager quelque chose de sexuel… quelque chose qui dit : ce soir, un libertin va peut-être s’occuper de moi, de mon désir toujours High Level, réaliser un fantasme qui me tient ainsi que mon Homme. Ces regards sont grisants et me confortent dans ma position de femme séductrice, prête à s’offrir, ils font monter mon désir, mon assurance et l’envie d’une belle soirée avec Eomer.

    Dans ma voiture de location, je chante à tue-tête, au milieu des embouteillages de fin de semaine, posant un regard amoureux sur les palmiers qui bordent l’autoroute. Je suis bien, épanouie et en confiance. Ces trois jours vont être une délicieuse coupure, quoi qu’il arrive.

    La longue route à la circulation dense aura pourtant un peu raison de cette courte euphorie et c’est fatiguée, un peu migraineuse et le ventre vide que j‘arrive dans l‘appartement loué pour l‘occasion. Il est par ailleurs très agréable, bien décoré et lumineux, la chambre étant séparée du salon par un simple claustra, presque une chambre d‘étudiante. Je me sens rajeunir de 15 années au moins.

    J’appelle Jonah, ce coup de fil me fait du bien. Sa fierté d’être marié à une Hotwife me gonfle d’orgueil et n’aide pas à calmer mon excitation. Il ne me force pas ni ne m’incite. Je reste l’entière pilote. Je m’installe, me détend, me repose. Eomer se manifeste alors, laisse entendre qu’on peut aller boire un verre quelque part, à moins que je ne sois trop fatiguée auquel cas on reporte au lendemain. Classe, il me laisse le choix.

    Eomer, seule sans mon Homme

    Pas forcément envie de ressortir alors telle une Reine, j’annonce les options envisageables : soit ce soir dans mon appart en précisant n’avoir qu’un pauvre sandwich à dîner et l‘obligation de me lever à 7h30, soit demain soir avec un verre en terrasse et tutti quanti. Sa réponse ne tarde pas et elle nous plaît à Jonah et à moi : « Je ne peux décemment pas laisser mourir de faim une hôte de notre région ». C’est charmant, simple, classe et efficace. Il va donc venir. Ça va arriver. Ce n’est plus un fantasme. Là, l’excitation monte sévèrement. Le stress avec. En bonne Hotwife exhib que je suis, je poste malgré tout une photo sur Twitter, dévoilant un sein, dans les dessous que je décide de porter pour lui. Pas de talons, ni de robe, petite valise oblige. Encore une fois, je dois réellement dégager le désir qui m’étreint, l’envie qui me ravage car ce tweet aura son petit succès !

    Je tourne un peu en rond dans l’appartement. Fébrile, je n’arrive pas à me concentrer sur quoi que ce soit, vérifie à plusieurs reprises ma tête, mon maquillage qui a un peu de mal à camoufler la fatigue, mes cheveux et ma tenue. Je sors des verres puis les range, ignorant ce que nous allons boire. En plaçant les préservatifs sur la table de nuit, je me dis que j’ai définitivement bien changé. Pas forcément en mal, seulement, je ne peux m’empêcher de poser un regard étonné sur la personne que je suis devenue, presque surprise. Comme si je prenais seulement conscience de ce que nous faisons Jonah et moi.

    Vu sa nonchalance, mon esprit est convaincu qu’il va prendre son temps avant de débarquer. Alors, lorsque je j’entends frapper à la porte, peu après 20h30, je sursaute presque. Je fonce jusqu’à la porte, prends une grande respiration, terrifiée mais sincèrement surexcitée. Il annonce un soyeux bonsoir, tandis que nous nous embrassons poliment. J’ose à peine le regarder. Ses cheveux sont moins longs que sur les photos. Il entre avec le dîner dans un sac. J’aime définitivement son entrée en matière : «Vous avez commandé un dîner ? » me demande-t-il en souriant. C’est vrai qu’il fait plus jeune que son âge.

    Discussion fluide, sympa. On est bien. Pas prise de tête du tout, quel bonheur. Je songe à Jonah qui aime aussi ces moments de séduction qui précèdent l’assemblage des corps, l‘avant « bascule ». Champagne (quelle délicieuse surprise !) et grignotages, je me détends. Lui semble définitivement détendu, le roi du lâcher-prise apparemment. Quel contraste avec moi… Je ne lui cache pas qu’il a bénéficié de la lâcheté de Max. Je m’excuse un peu, ça le fait marrer d‘être la roue de secours. L’alcool me tourne la tête, en douceur, juste ce qu’il faut pour la bascule, qui a lieu de façon naturelle.

    C’est tellement simple, facile et reposant que je me laisse aller à ce baiser très sensuel. C’est étrange de ne pas avoir le regard de Jonah posé sur moi.  Déstabilisant. J’en suis presque nerveuse.

    On s’embrasse longuement, avec une rare sensualité puis nous nous déplaçons jusqu’au lit. Nous commençons par un corps à corps lascif. C’est déjà très intense et prometteur. J’aime la fermeté de ses gestes et la douceur de ses baisers. Je suis totalement en confiance et définitivement prête à prendre du plaisir avec lui, j‘ai la bénédiction de Jonah, à qui j’envoie quelques photos mais de façon très irrégulière. C’est en effet difficile de couper le rythme surtout qu’on ne se connaît pas, que je ne suis pas un exemple d‘assurance, que c‘est une première pour notre couple. Les longs moments de silence vont rendre Jo fébrile et je vais m’en mordre les doigts, parce que j’ai du mal à respecter ce que nous avions convenu.

    Cette baise est intense et peu coutumière. Il ne fait pas dans les standards et j’adore ça! Il est le seul homme à me pénétrer sans que je ne l’aie pris en bouche. Nous passons de longs moments en missionnaire et c’est un plaisir dingue. Je lui murmure que ça ne faisait pourtant pas partie de mes positions préférées. Ni d’ailleurs les hommes aux cheveux longs. Mais qu’il m’a fait changer d’avis. Il sourit, pas susceptible du tout, lui. Mon corps se grise de ses caresses et ses coups de reins sont magiques. Les baisers sont torrides, sa bouche sensuelle, sa voix envoûtante. Et lorsque je réalise que je me fais baiser par un libertin, sans mon Homme, je sombre dans une exaltation infinie parce que notre liberté sexuelle est devenue démente. C’est peut-être parce que Jo n’est pas là que j’ai du mal à lâcher-prise, je n’éjacule ni ne jouis ce soir-là. Mais quel plaisir… la cyprine coule à flots et lubrifie à merveille mon entrejambe. Eomer est si bienveillant, si agréable, si doué avec ses mains et ce corps sculpté par le sport est un délice à caresser. Je me sens femme entre ses mains, je me sens capable de lui procurer un plaisir infini, comme si des barrières étaient tombées. Envie qu’il n’oublie pas de si tôt cette rencontre. Confiance = 1, timidité = 0, je progresse.

    Alors qu’il est très tard et que les corps se fatiguent, je commence à le sucer (mon pêcher mignon) et le fais jouir, dans ma bouche, avec une délectation toute particulière d’avaler entièrement toute sa semence. Jonah sera fier de moi, je le sais. Tout comme je le suis.

    Eomer ne boude pas son plaisir et je m’enivre de l’entendre ainsi gémir. Puis le silence retombe, le calme qui revient. Les muscles de mes cuisses tétanisent. Courbatures à la clé. Il en profite pour apporter le dessert que nous dévorerons au lit. Encore du plaisir, cette crème au chocolat…

    Eomer, seule sans mon Homme

    Je sais que la nuit va être affreusement courte pour la couche-tôt que je suis. Eomer ne semble pas s’inquiéter de son manque de sommeil. Nous avons du mal à nous séparer. Mais j’ai envie et besoin d’évoquer tout cela avec Jonah. De vive voix.

    Je titube, les jambes en coton, je sais que mon maquillage a foutu le camp, que mes cheveux emmêlés me donnent l’air d’une ex star du rock sur le retour, en fin de concert. Nue sous mon long gilet, il me dit qu’il me trouve très sexy, ça me fait rosir. Une vraie gamine… Difficile de se séparer, c’est magnétique cette attirance physique. Il finit par quitter l’appartement après de longs baisers.

    Coucher tardif. Il est parti et je me sens dans un état second. Jonah s’est endormi, je lui envoie une photo de mon entrejambe, lui dévoilant, provocatrice, mon clitoris gonflé par tant de sexe. Il est presque 2 heures. Une heure plus tard, Jo, très excité, m’envoie un message qui me sort de mon semi sommeil : « Fier de toi… Heureux que ça se soit bien passé, je t’aime ». Il réclame une ou deux photos encore, « même ratées » et ça me fait sourire. Puis nous nous rendormons.

    Lendemain difficile, je suis réveillée par le bruit de la ville en effervescence auquel ma campagne calme ne m‘a pas habituée, peut-être aussi par l‘excitation, tant cérébrale que physique. C’est cette même excitation qui m’a empêchée de dormir la veille… Il n’est pas encore 7 heures et je vois que Jonah est réveillé. La conversation prend une tournure que je n’aime pas : nous sommes bousculés par ce qui vient de se passer et la communication a du mal à se faire. Il y a, au-delà de l’excitation cérébrale, un peu de frustration de son côté. Toutes ces heures passées avec un inconnu sont déstabilisantes, surtout que je ne lui ai rien raconté et l‘imagination ne suffit pas pour qu‘il soit pleinement satisfait. La fatigue ne nous aide pas à y voir clair. Je lui narre notre soirée avec les détails croustillants, je lui montre combien j’ai aimé cette expérience, il me remercie d’avoir réalisé cette envie et nous nous apaisons. Beaucoup de mots, de messages et d’échanges seront nécessaires tout au long de ce séjour, pour nous rassembler, nous renforcer. Je suis impressionnée par mon Homme et le chemin qu’il a fait depuis nos débuts en matière de libertinage.

    Là, il évoque un second rendez-vous le soir même puisque tout s‘est bien passé. Mon cerveau, embué par le manque de sommeil se met en ébullition. Un second rdv ? Ce serait dingue… Dehors, la lumière de la Côte d’Azur illumine les collines de Grasse. J’aperçois la mer au loin en me répétant que j’ai une chance insolente mais comme dit le méchant de Titanic, Caledon Hockley, les vrais hommes créent leur propre chance. Ça fonctionne pour moi, qui suis donc un homme mais avec un joli string.

    « Est-ce que tu en as envie ? » je questionne Jonah. Il me répond par une autre question : « Il t’a envoyé un message depuis que vous vous êtes quittés ? 

    - Non, rien. J’espérais un truc sur Whatsapp.

    - Moi aussi… Il te l’a proposé ?

    - Pas depuis qu’il a évoqué ça mercredi soir, sur le ton de la blague. 

    - Et bien je ne sais pas, il n’est pas encore 8 heures. Mais tu me connais et je te connais ;-) ».

    On se marre et toujours dans cette bulle, je me demande comment on en est arrivé là. J’ai du mal à y voir clair. Mais je me fie à mon instinct, comme toujours. Et cet instinct me dit qu’une seconde entrevue pourrait être délicieuse.

    Reste à savoir si Eomer en a envie.

    Je file à ma formation, déambulant à travers les ruelles pittoresques de la vieille ville, les jambes cotonneuses, l‘esprit ailleurs. Le ciel est d’un bleu insolent. Je ne me sens pas très bien, le malaise vagal risque de pointer son nez, je me connais. Difficile de jouer le jeu avec les collègues et d’affronter la réalité. Je me sens loin de leurs préoccupations. Mais comme Jonah l’a préconisé, je dois me concentrer maintenant. Mes mains tremblent, j’ai chaud et semble la seule à avoir des soucis de température. J’avale du sucre, ça passe. Ouf… car pas très envie de me faire remarquer.

    Eomer se manifeste à 8h20 pour exprimer son allégresse quant à la soirée passée. Je rosis à nouveau. Jonah tend une perche. Délicat et patient, Eomer ne se jette pas dessus, ose à peine. Je frétille d’impatience, m’empêche de croire à une nouvelle belle soirée, suis à l’affût de nouveaux messages Whatsapp.

    Sur notre conversation à trois, facétieusement intitulée Parfum de Grâce, Jonah évoque le joyeux bordel qui règne dans sa tête mais s’avoue agréablement déstabilisé, fier de sa femme et fier de nous. Eomer assure être ravi que cela nous plaise, ayant lui-même vécu une superbe soirée. Je m’efforce de ne pas regarder mon téléphone et de rester concentrée sur la thématique professionnelle, je suis avant tout là pour ça.

    Après avoir hésité sur la teneur de mon message, je finis par indiquer que je suis sur un petit nuage avec des envies d’encore, à grand renfort d’émoticônes, pour lui qui parle également ce langage. Il répond assez vite que les envies d‘encore sont bien entendu plus que partagées. Je jubile. Ma soirée va prendre une autre tournure que celle prévue, la femme séductrice et conquérante que je suis va être servie, à nouveau. 

    Jonah de son côté m’envoie une vidéo de lui, que je ne découvre qu’à la pause, où il se livre sans filtre, où ses mots sont crus et sincères, où je peux le voir se masturber et jouir. Je le trouve incroyablement génial et cette marque de confiance me donne des ailes, me renforce. On s’amuse d’imaginer que peu de mes collègues ici présentes ont reçu ce genre de message.

    Les conversations avec le reste du monde sont quelque peu difficiles. Envie d’une sieste. Je planifie de rattraper mon manque de sommeil ce midi. Après avoir enfin eu Jonah au téléphone qui me conforte de nouveau et me fait du bien, retour à l’appartement, toujours baigné de lumière. Je déjeune mal et vite, encore dans un état second. Impossible de m’endormir, malgré la méditation, malgré les respirations yogi. Je coupe le téléphone et ses stimulations et c’est cependant un temps calme qui me fait du bien.

    Retour à la formation, dans cette salle aux murs sans fenêtre. Alors que j’ai envie de soleil et de Grasse, envie de faire exploser mes sens, envie d’encore.

    Dur de lutter contre la fatigue. On sort tard, la nuit tombe déjà. Je dois faire quelques courses pour ce soir mais aussi pour me remonter : Redbull, Doliprane et aliment sucré à consommer immédiatement. Les courses sont compliquées à faire, Eomer n’a pas donné de news, je ne sais pas à quoi va ressemble notre second round. Je retourne à pieds à l’appartement : boisson énergisante, glace et douche vont me retaper ainsi qu’une longue et belle conversation avec mon Homme. Eomer se manifeste enfin, toujours partant pour se voir. Nous convenons qu’il passera après l’apéro des collègues et rien que ça souille déjà mes sous-vêtements.

    Je discute avec A. et S. sur Whatsapp, et cette conversation m’émoustille, comme à chaque fois que nous échangeons. C’est une belle amitié qui se développe avec ce couple rencontré il y a quelques semaines. Sur mon lit, je me vautre, un peu remontée grâce au soda chimique, en me disant que ça vaut drôlement le coup de manger bio et 5 fruits et légumes par jour pour tout ficher en l‘air en deux jours...

    Les heures passent, je bouquine, péniblement. La concentration est difficile à trouver. Exigeante, je finis par lui envoyer un message, vers 20h30 annonçant que s’il veut me trouver éveillée, il doit arriver avant 22h. Il prend son temps, et propose de me prévenir lorsqu’il partira. Décidée à suivre son modèle de lâcher prise je refuse et annonce que la porte de l’appartement sera ouverte.

    21h30 je le relance : « tic tac tic tac la belle au bois dormant va s’endormir si elle n’est pas stimulée ». Il répond « tic tac tic tac vroum vroum ». Parallèlement, la conversation avec Jonah précise davantage de photos et de vidéos. Promis, je vais m’atteler à lui faire partager toutes ces heures d’abandon et d’indécence.

    Eomer arrive à 21h50, le filou. Au cliquetis de la poignée de la porte, je me dresse, ma pomme dans la main, le cœur battant la chamade, les papillons tourbillonnant entre les reins. Il avance vers moi, le sourire aux lèvres. C’est étrange de retrouver cette silhouette et ce visage que je connais maintenant et de m’avancer vers lui, en toute confiance. Nous nous faisons face, les mains s‘emmêlent. Nous nous embrassons comme la veille en nous quittant. C’est presque comme dans un film dit la gamine qui sommeille en moi.

    Durant un long moment, nous sommes debout, face à face, les baisers sont langoureux, les corps ondulants et se frottant. Sentir son érection contre moi me grise. Je lui fais remarquer qu’une seconde fois est souvent moins bien que la première. Il sourit en me murmurant : Ah tu crois ? Cela ne nous arrête pas en tous cas, j‘ai encore le reste de ma pomme dans la main. La tension sexuelle est palpable. Nous sommes là tous les deux pour la même chose. On ne tergiverse pas, du plaisir, de l’abandon et de l’extase.

    Pas d’apéro, pas de rosé, rien. J’avais pour cette fois préparé quelques trucs qui resteront sur le plan de travail, sans être touchés. Nous basculons sur le lit pour 6h30 de baise. On prend le temps, on se frotte longuement, sans ôter nos pantalons, c’est très érotique et je me sens déjà transportée. Eomer est tout aussi sensuel, tendre et entreprenant que la veille. Les vêtements tombent, un à un ; je n‘ai plus froid. Nous prenons notre temps, comme pour ouvrir une boîte de pâtisserie de Pierre Hermé ; le ravissement vient ensuite. Les échanges de regard sont ensorcelants, le contact de nos peaux nous enivre, les langues s‘emmêlent passionnément. Enfin, Eomer me pénètre en plongeant son regard dans le mien, me faisant gémir de soulagement. Des heures que je songeais à ce sexe en moi, dans mon antre plus qu’humide. Ses va et vient entre mes cuisses m’emportent, ses yeux plongés dans les miens me grisent, ses grognements me donnent envie de lui donner encore plus de moi, plus de concupiscence.

    Je fais quelques photos de nous deux, ainsi que des séquences vidéos où Jonah peut m’entendre gémir. C’est dingue de filmer ce corps à corps mais ce qui le sera encore plus, ce sera de visionner ces vidéos avec Jonah lors de nos retrouvailles, terriblement ardentes.

    Nous nous connaissons un peu maintenant, la confiance est là, l‘assurance nous pousse à nous livrer l’un à l’autre sans appréhension. Et c’est ce qui me permettra de jouir, intensément. En missionnaire, sans les mains. Du jamais vu… J’en reste scotchée. Eomer me sourit, de ce sourire exquis, plutôt satisfait de la tournure que prennent ces ébats. Cette soirée sera ponctuée de petites pauses, comme si l’on voulait profiter, comme pour prolonger ces instants d‘exaltation. Les discussions sur l’oreiller sont fluides, même si beaucoup de sujets nous divisent, générant de courts débats où la moquerie sera reine. C’est drôle parce que cela ne freine en rien notre duo. Et de nouveau, avec un appétit sincère, nous reprenons nos ébats. C’est magnétique. Les corps sont parfaitement compatibles. Puis nous bavardons encore. La distance s’est véritablement réduite. J’en profite pour jeter un coup d’œil à mon téléphone où Jo me taquine : « Les plats ce soir étaient très bons mais le service laisse à désirer, le client s’est même endormi. De nouveau abandonné, il va partir sans payer. Bonne nuit bête d’amour ». Je lui réponds brièvement qu’Eomer et moi discutons, sans penser que ces moments de pauses peuvent être éprouvant pour lui qui est à distance. Nous avons toujours envie de sexe, alors Eomer me prend encore et encore, sans que je ne me lasse, sans qu’il ne se lasse non plus, visiblement. Il jouit alors que je le chevauche, lui laissant tout le loisir d’admirer ma croupe offerte. Je goûte à nouveau son foutre avec délice. Son orgasme paraît moins incroyable que la veille. La seconde fois est toujours moins bien… mais il n’en laisse rien paraître. Nous nous enlaçons, toujours chauds, mais un peu apaisés. Sur mon téléphone, j’annonce à Jonah que notre soirée se termine, comme pour me signaler à lui, lui rappeler que j’ai besoin qu’on en parle, que je veux lui raconter…

    Eomer finit par se rhabiller. L’idée de lui proposer de rester dormir me traverse, à plusieurs reprises, avec un réveil qui pourrait constituer un dernier round. Mais je renonce, ce n’est pas dans nos plans, trop risqué, et puis cela donnerait une toute autre tournure à cette aventure que nous avons choisie de vivre.

    Nous n’avons rien avalé de toute la soirée. Un peu d’eau peut-être. Alors, je reprends ma pomme, croque dedans et lui tend. Il y croque à son tour et nous nous embrassons à nouveau, mêlant salive, pomme et langue. Un baiser furieusement érotique. Il me parlait justement de baisers orgasmiques… on y est presque. De quoi nous donner envie d’y retourner… Mais il est presque 4 heures. La ville dort dans ses lumières orangées. Comme la veille, c’est dur de se séparer. Le magnétisme opère encore et toujours…. « Ensorceleuse » me murmure-t-il. On sait que c’est vraiment la dernière fois, contrairement aux autres rencontres Wyylde où l’on se promet souvent de remettre ça, même si cela n’arrive pas systématiquement. Encore un dernier baiser et je le vois disparaître dans l’escalier. Les fins de soirées libertines sont toujours aussi difficiles à gérer pour moi, la séparation brutale et durable est douloureuse… Je referme la porte, m’empresse de retrouver Jonah, qui s’est réveillé. Nous sommes sur notre petit nuage, exaltés par ces heures folles, ivres de fatigue, dans état second. Les photos et vidéos partagées avec lui ont fait monter l’excitation, il m’envoie des photos le prouvant, même s’il en aurait voulu plus et qu’une fois encore partager une telle soirée n’est pas simple. Mais nous apprenons et allons progresser c‘est certain. Nous nous effondrons chacun de notre côté, dans un sommeil peu réparateur, tourmentés et émoustillés.

     

    Réveil étrange. Cette parenthèse se termine. Il y a encore son odeur sur l’oreiller. Jonah et moi échangeons de nouveau sur Whatsapp, fiers de nous, heureux, apaisés et pressés de nous retrouver. Il me prépare à la redescente : retour à la vie de famille, session piscine municipale, maison bruyante et en bazar. Je ne serai plus le centre des attentions et cela pourrait être violent. Je le sais et tente de m’y préparer.

    Jonah envoie à Eomer un message de remerciement pour avoir si bien pris soin de la Femme de sa vie, auquel il joint un petit montage des photos reçues la veille, où ma bouche ouverte et mes yeux plissés montrent le plaisir pris. Sa réponse est comme lui, simple, sincère, charmante : « Mmmh, quelle vision au réveil, cela poursuit un peu cette parenthèse enchantée… Merci à toi Jonah de cette confiance et d’avoir permis ces deux magnifiques soirées… Et bien sûr merci à toi FolieBloom, tout simplement ». Je ne suis pas prête de redescendre de mon petit nuage…

    Quelques heures s’offrent devant moi avant de retrouver l’aéroport. Je quitte Grasse non sans amertume. Pourtant tout ce qui m’attend me remplit de bonheur, mais ce que je laisse derrière moi m’a tant apporté que j’en suis mélancolique. La sortie de l’autoroute qui indique sa ville me nargue. Je saisis l’instant avec mon téléphone pour lui envoyer : « Un coucou en passant, avec ma voiture de cagole. Merci Eomer pour ces deux soirées douces et dingues. Pas sûre que ce soit ma formation qui me restera le plus en tête de ce séjour… ».

    Me voilà sur la Promenade des Anglais, sous le soleil niçois. La fatigue est bien là, les courbatures aussi et cela me fait sourire. Bizarrement, je me sens différente. Une nouvelle femme pour Jonah. Les passants sont à des lieues d’imaginer ce que je viens d’accomplir. Moi-même j’ai du mal à réaliser.

    Mon séjour prend fin progressivement. Rendre la voiture de location, enregistrer ses bagages, viser l’aéroport d’Orly. Dans l’avion presque vide, je tente de dormir, en vain. Je sens que la parenthèse se referme peu à peu. Jonah m’attend à l’aéroport et les retrouvailles sont sincèrement heureuses, passionnés et plutôt torrides. Il me tend un sac Victoria’s Secret, comme pour me récompenser, rempli de jolies culottes insensées. Nous nous embrassons comme nous nous sommes rarement embrassés, d’habitudes plus pudiques. Son sourire, comme le mien, en dit long sur les émotions qui nous traversent. Dans les champs qui entourent notre village, nous arrêterons la voiture, peu avant d’arriver, pour assouvir ce désir fougueux qui nous étreint. Je le prends en bouche jusqu’à une jouissance inouïe qui se fait dans des gémissements inédits pour Jonah. Je suis heureuse, fière, comblée. Puis enfin, retrouver la maison, les enfants, la vie calme et rangée.

    Wahou… quelle magnifique escapade. Et surtout, quelle chance d’être tombée sur Eomer, libertin classe et bienveillant, doué et loyal. Un (très) joli souvenir grassois.


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  • Teddy

    Pour la première fois, nous allons rencontrer l’un de mes Twittos. Inscrite sur ce réseau social depuis 2017, j’y suis de plus en plus active, m‘exhibant avec délectation pour « re-narcissiser » la quarantenaire que je suis (et ça marche bien !), j’y ai des interactions sympas avec certains, des blagues, et même des private jokes. C’est le côté sympa de Twitter sex. Dans la foule de followers -c’est pas pour frimer, ils sont 9700 !- je repère certains pseudo, certains twitts plus spirituels, de jolies photos montrant des physiques attrayants. Et parmi eux, il y a Teddy. Une plastique assez irréprochable, un joli sourire en guise de bannière sur sa page et un tatouage pectoral carrément réussi (avec des pec réussis eux aussi). Je like de temps en temps ses publications, il fait de même. On échange quelques commentaires. Et puis, après une année à se « suivre » mutuellement, le 9 décembre, il me parle en DM. Le ton est doux, posé. Les premiers échanges sont plutôt encourageants. Nous évoquons assez vite l’idée d’un trio. Nouveau pour lui, excitant pour nous, challenge pour moi. Car Teddy est jeune. Je m’en doutais mais lorsqu’il m’annonce le chiffre, je manque de tomber de ma chaise. Vingt-quatre ans. Wahou… techniquement, il pourrait être mon fils ! C’est à la fois drôle et pathétique. Je me visualise du coup comme la vieille femme qui essaie d’être encore sexy, en vain, et qui se fait des toyboys en guise de fontaine de jouvence.
    Du coup, le doute s’installe. Est-ce vraiment raisonnable ? Quelles sont nos limites ? Sur le site Internet de libertinage, nous avons spécifié que nous recherchions des gens de notre âge. Là, on en est loin. Ce que nous craignons ? Le manque d’expérience, nous-mêmes novices en libertinage, surtout au moment de la rédaction de notre fiche stipulant nos exigences. Nous craignons également l’absence de points communs. Je m’assure auprès de lui qu’il est bien conscient de mon âge mais cela ne semble pas l’arrêter ; il se dit prêt à lever mes doutes. Flattée je suis.
    Dans nos rencontres, nous avons l’habitude d’utiliser notre site habituel, Wyylde pour ne pas le citer. Là, pas de fiche descriptive, pas de témoignage des libertins qu’il a rencontrés, pas de photos détaillées. Juste le flou artistique. De quoi nourrir mon doute. Jonah me laisse le libre arbitre. Il exprime un petit doute également mais comme toujours, avec adresse, il me donne son avis sans l’imposer. Nous continuons d’échanger avec Teddy sur Twitter, gentiment, avec beaucoup de respect. Le 29 décembre -seulement- nous échangeons nos prénoms et des photos de nos visages. Je ne suis pas déçue, il a un minois adorable (et si jeune !) et lorsque je le lui dis, il semble surpris. Personne pour lui dire combien il est chou ? Combien ses yeux sont divins ? Visiblement, il apprécie mon faciès également. Jusqu’ici tout va bien, comme dit le film. Pas de déception, pas de déconvenue.
    Je reçois avec délectation de jolies vidéos de lui. Il se livre peu. Alors que j’ai ce besoin irrépressible de savoir, de percer à jour, de connaître le profil de celui avec qui on va s’envoyer en l’air. Seulement, Teddy est timide, tout comme moi, ne lâche que peu d’informations. Je suis frustrée et perplexe. J’essaie de creuser, mais il garde ses distances, tout en se montrant chaleureux et prêt à nous rencontrer.
    Plus le temps passe, plus je porte un regard gourmand sur lui. Nous n’avons pas posé de date ni convenu officiellement d’un rendez-vous, au vu des doutes qui nous habitent. Si bien que je réalise assez vite qu’il est comme un délicieux gâteau au chocolat, quelque chose dont j’ai envie, tout en sachant que ce n’est pas raisonnable. C’est mon challenge à moi, la milf de 43 ans. Suis-je capable de m’offrir un bel homme de 24 ans ? Sans l’instrumentaliser aucunement car le côté humain est celui qui prime toujours dans nos choix de rencontres, je l’envisage un peu plus chaque jour. Les conversations sont de plus en plus chaudes et toujours aussi agréables. Il se confie un peu, à peine, mais je prends ce petit peu avec délectation et me poste en interlocutrice bienveillante auprès de lui, tentant de lui faire bénéficier de mon expérience de « vieille ». Je me demande comment il peut être encore célibataire.
    Finalement, nous convenons d’une date. Ça y est, c’est officiel, je vais libertiner avec un -très- jeune homme, charmant et délicieusement taillé dans le marbre. Souvent, le matin, je trouve dans mon téléphone une jolie vidéo de son sourire et de sa plastique qui me mettent en appétit, toujours accompagnée d’un mot gentil. Le charme opère.
    Finalement, nous posons une date, profitant des disponibilités de vacances scolaires et lui offrons même la possibilité de dormir à la maison. Pas avec nous, dans notre lit conjugal, non. Seul Pietro avait eu ce privilège (Cf l’article ‘Pietro‘) mais au moins dans notre chambre d’amis. Quand j’y songe, ça m’amusait d’héberger un si jeune amant, qui pourrait être mon fils, et j’ai presque des réflexes de maternage : ce sera mieux pour lui plutôt que de rentrer en voiture seul dans la nuit, je lui ferai un petit dej. « Oh - my - god… » comme dirait Janice. Mieux vaut en rire.
    Le samedi qui précède, alors que nous venons de déposer nos enfants chez leurs grands-parents, Jonah se montre fiévreux et mal en point. Je conduis jusqu’à la maison où il rentre se coucher. Ce premier samedi soir sans enfants est tout le contraire de ce que j‘espérais. Alors que je suis chaude en tous points, que j‘ai envie et besoin d‘être aimée, prise, bousculée… je reste seule devant ma télé à regarder un film moyen sur un site en streaming qui va planter en plein milieu. La loose.
    Nous avons tous les deux en tête l’éventuelle annulation de ce trio improbable, sans nous l’avouer. Sur Twitter, les aficionados de Teddy s’acharnent à tenter de deviner qui il va rencontrer, puisqu’il a twitté un petit teaser. Mais il reste égal à lui-même : impassible. Il rencontre une Twitta, en couple. C’est tout ce qu’ils sauront. Cela m’amuse et me flatte car il semble lui aussi enjoué de cette rencontre. Il me dit par message privé être pressé de nous voir « en vrai ». Ce sentiment, nous le partageons, avec pour ma part une certaine appréhension… que je ne lui cache pas : une certaine peur de le décevoir. Entre la vitrine Twitter de mes photos sévèrement sélectionnées (pas retouchées), et la réalité, il peut parfois y avoir un décalage. Aurais-je peur de le décevoir ? Sa jeunesse rime pour moi avec exigence. Je veux être à la hauteur, comme toujours, montrer que les femmes quarantenaires n’ont rien à envier aux petites jeunes inexpérimentées.
    Dimanche, jour J. L’état de Jonah ne s’améliore pas vraiment. Etat grippal et angine. Il alterne entre ibuprofène et paracétamol, sommeil et éveil comateux. Je lui fais une soupe du tonnerre qui malheureusement ne suffira pas à le remettre. J’évoque une annulation éventuelle, il veut se laisser du temps. Pour ma part, je suis en pleine forme et j’ai un appétit sexuel féroce ces derniers jours, la faute à Teddy, qui se montre toujours sous son meilleur jour et aux discussions qui ont dépassé les frontières de la bienséance. Annuler ce rendez-vous me semble terrible pour l’enfant gâtée que je suis, intolérante à la frustration sexuelle. Toutefois, l’état de Jonah me dicte d’être raisonnable. Je ne vais pas libertiner au salon alors que mon merveilleux mari s’endort laborieusement à l’étage, fiévreux, douloureux et seul. Inenvisageable. Ce n’est pas ce que nous cherchons dans le libertinage. Nous voulons cette complicité qui nous rapproche, cette intimité qui nous lie.
    Teddy nous envoie une photo de lui, quelque peu défait -sachant qu’à cet âge, lorsqu’on est défait/fatigué, on n’en est que plus charmant, à peine froissé- m’annonçant qu’il est épuisé. Je lui réponds qu’il n’a pas le droit de l’être, car je le veux en forme. Décidément…
    Dans l’esprit de mon Homme chemine une idée. Lorsqu’il me croise dans l’escalier, alors qu’il remonte se coucher, il me lance, totalement sérieux : « Si ça ne va pas mieux, tu pourrais aller chez lui ». Cette idée m’avait-elle traversé l’esprit ? Pas sûre. Je suis sincèrement surprise de sa proposition. Impressionnée par sa largeur d’esprit, par sa progression en matière de libertinage. Wahou… Jonah m’a déstabilisée. Seulement, je me vois mal débarquer chez Teddy, vivre cette montée d’adrénaline qui nous tient à chaque fois qu’on arrive chez nos hôtes libertins, sans lui. Cela n’a pas d’intérêt. Ce qui est si plaisant dans les trios, c’est ce regard qu’il me porte et tout ce qui va autour. J’aime qu’il soit excité de me voir avec un homme, j’aime avoir la sensation qu’il est fier de moi, j’aime me sentir femme, Sa Femme, offerte et désirable, j’aime qu’il me voit prendre mon pied. Là, les conditions seraient tout autre. Et puis, autant je me sens pousser des ailes avec Jonah à mes côtés, autant sans lui je me sens vulnérable. Ainsi, je décline son offre, pas prête à cela, définitivement optimiste quant à son évolution physique. Ma divine soupe fera peut-être effet.
    Les heures passent. Comme pour chaque rencontre, j’effectue mes rituels, je me prépare, me pomponne, il y a comme une musique dans ma tête. Jonah se sent un brin mieux. Les médicaments semblent l’aider à remonter à la surface et je ne lui cache pas que cela m’enchante. Pour tout avouer, cette première semaine de vacances était blindée de rendez-vous coquins, à tel point qu’il m’a traversé l’esprit que je ne tiendrais pas le choc… jusqu’à une, puis deux puis trois annulations. Je commence à me demander si mes attraits physiques sont aussi envoûtants que je le pense… bref, je doute et me remets en question. Comme toujours. Teddy sera là pour me prouver que oui, je suis toujours attrayante.
    Lorsqu’il arrive, la tension monte d’un coup. Il n’a pas encore poussé la porte que je suis déjà stressée, excitée, hyperactive et impatiente. Avant de le voir, j’entends sa voix, déjà entendue une seule fois via Whatsapp. Très sensible aux voix, je l’avais trouvée agréable, joliment timbrée, comme j’aime. Mais sur quelques mots, c’est frustrant. Là, je l’entends échanger avec Jonah. J’aime déjà sa voix. Mon Homme fait tout pour le mettre à l’aise. Il y excelle d’ailleurs et je le trouve délicieux. Fière de sa capacité à lutter contre les microbes, amusée par cette situation où il reçoit mon futur amant, heureuse d’être sa moitié. Teddy sort de sa séance de sport. Après l’avoir embrassé sagement, je l’accompagne vers la salle de bains. Nous avions imaginé tous les trois par écrit des scenarii érotiques, laissant notre imagination s’envoler au gré de nos désirs. Pourtant, tous deux intimidés, je lui montre simplement les lieux et lui remets une serviette, polie. C’est tellement décalé vis-à-vis de tout ce qu’on s’est dit… mais je me sens incapable de toute approche tactile. La distance est réelle et obligatoire, malgré notre passif sur Whatsapp. On ne se connaît pas. Ou si peu… pourtant le voir là devant moi, son sourire sur les lèvres, ce regard que j’ai vu dans les vidéos, me transporte. Je me retiens de sautiller comme une enfant. Il est là, en vrai. Je suis presque impressionnée. Difficile de savoir ce qu’il ressent. Impassible Teddy. Hâte de voir ce tatouage…
    Alors que je termine de cuisiner, Jonah prépare le feu dans l’âtre. Il sait que j’adore baiser au coin du feu. J’imagine Teddy dans notre salle de bain, sous les gouttes chaudes. Cette soirée se profile à merveille… je suis complètement émoustillée et subitement prête à tout et n’importe quoi. Il faut avouer que Teddy m’a envoyé par message une vidéo où il entreprend une jolie milf. Et il l’entreprend avec intensité… j’ai dans la tête cette image. Mon cerveau reptilien attend la même chose. Entre mes reins s’installe une douce ondulation qui ne va pas s’envoler de sitôt. Il descend enfin. Frais, dispo, vêtu avec élégance. J’apprécie. Sa timidité à l’écrit ne l’est en fait pas verbalement. La discussion s’anime vite et nous sommes ravis, Jonah et moi de découvrir un jeune homme drôle et piquant, modeste et intéressant. Les échanges sont fluides, malgré le fossé des générations. Et quand il parle, je l’épie et m’interroge : à quel moment vais-je avoir le plaisir de goûter cette jolie bouche pulpeuse ? Nous sommes bien. Comme si nous n’allions pas nous livrer à des joutes sexuelles débridées. C’est toujours étonnant ce moment qui précède, ces conversations amicales et apaisées. On parle malgré tout plus facilement de sexe qu’avec des amis lambda. Ça c’est plaisant. On peut enfin parler de cette nouvelle activité qui nous porte et nous rend plus vivants que jamais à quelqu’un. Et ce quelqu’un comprend, ne porte pas de jugement, partage ce goût pour la pluralité et la baise endiablée.
    Le feu crépite, il y a ma playlist préférée dans les enceintes, l’ambiance est chaleureuse comme on aime et Teddy semble bien lui aussi. Cela augure de délicieux moments à venir. Je sens que sa main tente une approche et commence à me caresser gentiment le bas du dos. Je frétille d’impatience, intérieurement. Jonah s’est aussi rapproché de moi et me caresse doucement l‘épaule. Ma peau est maintenant effleurée par deux mains masculines qui en demandent plus. C’est du bonheur car je me sens au centre de toutes les attentions. J’ai du mal à me rappeler qui a embrassé en premier mais je sais que nous devions éviter la contamination, alors embrasser Jonah était proscrit. Du coup, ce sont les lèvres charnues de Teddy qui me régalent tout au long de la soirée, créant une certaine frustration pour notre couple. Contamination qui aura lieu trois jours plus tard, grrrr…
    Enfin, Teddy et moi nous embrassons, avec une certaine sensualité ; je peux enfin goûter sa bouche, ses lèvres, sa salive et m‘en délecte. Voilà le fameux moment de la bascule. Nous ne sommes plus des potes qui bavardent autour d’un verre nous devenons des amants au désir prêt à exploser, avec dans la tête tout ce qu‘on a pu se dire, se promettre, toutes les projections érotiques de nos conversations passées. Les six mains s’emmêlent, me caressant juste là où j’en ai envie. Je sens couler quelque chose de chaud entre mes cuisses. Teddy, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, se montre entreprenant et sûr de lui. Sa jeunesse est un atout et pas un handicap, pour le moment et cela me réjouis instantanément. Mener la barque ne me met pas forcément à l’aise et puis, un peu vieille France, j’aime être conduite,  femme docile à l’écoute des envies de l‘autre, presque soumise. Par expérience, je sais qu’ainsi, l’homme jouera le jeu en retour et se mettra lui aussi en position d‘interlocuteur sensible et attentionné. Egalité des sexes au final.
    Ce jour-là, ayant relevé sa préférence pour le rouge via Twitter, je porte des dessous de cette couleur, et pour la première fois un porte-jarretelles rouge, qui m’évoque quand même un peu les filles de mauvaise vie. Ça me fait sourire. Teddy ne s’épanche pas sur la beauté de mes sous-vêtements, mais à son regard gourmand, je devine que l’effet escompté est là. Ainsi me voilà nue sur le canapé, tout contre lui, sous les yeux de Jonah qui se régale. Il a annoncé en préambule être possiblement moins présent que d’accoutumée, au vu de son état global. J‘espère juste que tout cela ne va pas le frustrer et qu‘il passera malgré tout une belle soirée. Teddy, qui avait annoncé qu’il s’agissait de son premier trio HHF, ne semble pas pour autant déstabilisé. Il ne dit rien mais doit peut-être se réjouir d’avoir la part belle dans cette soirée libertine.
    Mes vêtements tombent un à un. J’offre ma poitrine dressée par l’excitation à leurs bouches gourmandes. Cette zone est très érogène pour ma part et dès lors, je sens que je décolle… le plaisir est bien là et l’envie d’être prise se fait violemment sentir entre mes reins. Teddy ôte mon string pour se glisser entre mes cuisses. Longuement, sa langue me goûte, me pénètre, me parcourt, tandis que Jonah me caresse, sans avoir l‘autorisation d‘un baiser. Je suis trempée, déjà. Lorsque mon jeune amant revient à ma bouche, je commence à le déshabiller. La découverte de son tatouage est un moment troublant. J’ai l’habitude de voir ça par selfie et donc, inversé sur son torse. Ça nous amuse. Je ne peux m’empêcher de le caresser, ce tatouage. Je l’ai fantasmé et maintenant, j’y suis. J’en grogne de plaisir… Tout au long de cette longue soirée, je vais toucher ce tatouage, l’admirer, le mordiller, l’embrasser, l’effleurer, le mater, sans pouvoir me freiner. Une attirance presque animale. Je sens à travers son pantalon son excitation. Ça aussi c’est quelque chose qui me fait perdre la tête. Jonah montre une belle érection, malgré son état grippal. Honorée je suis. Très vite, je suis agenouillée devant eux. Une queue dans chaque main. Mon fantasme de toujours. Son sexe est fidèle aux vidéos et photos, long, ferme et appétissant. Je le caresse, souhaitant profiter de ce moment qui précède la dégustation tant attendue de son membre. Mon regard se pose dans le sien. Qu’est-il en train de penser ? Suis-je à la hauteur ? (à genoux, c’est sûrement la bonne hé hé…) Enfin, je le prends en bouche. C’est bon. J’y prends un plaisir tout particulier, d’autant que la nature l’a gâté. Ma bouche n’est pas assez profonde pour l‘engloutir. Lui qui disait aimer les gorges profondes (qui n’aime pas ça…?), il va être déçu. Ou pas. Car les ébats qui suivent sont très très chauds. Il est à l’aise dans son corps, dans sa sexualité, chose que nous apprécions particulièrement. Je le suce allègrement avec un plaisir non feint, ne me lassant pas de le goûter, le happer, le lécher. Teddy m’annonce que ça le détend et ça nous fait marrer. Il profite, effectivement, bien détendu sur notre canapé.

    Teddy, ma fontainede jouvence...


    Je suis dans un état d’excitation avancé, heureuse de mon sort, épanouie entre leurs mains, prête à m’abandonner. De ses doigts, il parvient à me faire éjaculer (ce qui arrivera trois ou quatre fois il me semble), comme s’il savait exactement où titiller… je suis admirative. Doigts adroits et langue musclée, je ne tarde pas à avoir un orgasme. Bref et presque fulgurant. Mais mon appétit féroce est toujours là. Il enfile un préservatif et me prend, me laissant le choix de la position. Ma préférence va à la levrette, chose que je n’explique pas forcément. Le plaisir est toujours au rendez-vous dans cette position et offrir ma croupe grise la femme débauchée que je suis. Teddy est terriblement endurant et y va franco, pour mon plus grand plaisir. Puis c’est au tour de Jonah. Il ne me ménage pas non plus, moi qui le croyais moins en forme… je suis à leur merci, suppliante, soumise et en totale incandescence. Pourtant je réclame une pause. J’ai peur de ne pas pouvoir suivre le rythme. L’un malade et l’autre ayant fait une compétition de sport, je ne m’attendais pas à tant de ferveur pour mes deux amants… Puis Teddy me prend d’une autre façon, en face à face, pour voir mon visage, dit-il. Là encore, je suis flattée. Et ne boude pas mon plaisir.

    Teddy, ma fontainede jouvence...


    Dans notre conversation Whatsapp, il avait osé demander ce que je ne pratiquais pas. Timide et freinant mes élans, j’avais répondu la sodomie, ou plus exactement précisé que cela dépendait de certains facteurs, comme le feeling, la taille (je me voyais mal avec pareille queue dans cet endroit…). Il s’avoua à ce moment-là optimiste, espérant que cela serait envisageable. Toutefois, lorsqu’il se place juste derrière moi, que je le sens juste à l’entrée de mon intimité, je ne suis plus trop fière. Cela sera tout blanc ou tout noir, pas de juste milieu. Il bande fort et son érection ne faiblit pas. Ça ne me rassure pas. « Tu es sûr ? ». Il n’est pas freiné par mon hésitation, d’autant que Jonah l’y encourage, se délectant de me voir prise par derrière. Ils deviennent complices et s’amusent à m’inciter, me targuant de faire ma -fausse- timide. Bien décidé, il réclame du lubrifiant. Presque un pro ! Je ne suis pas fan des lubrifiants, ça finit toujours par picoter et puis, ce qui est lubrifié ne peut plus être léché… Seulement là, à ce moment de notre séance coquine, le lubrifiant me semble bienvenu. J’appréhende.
    Enfin lubrifié, il pousse légèrement vers moi. Je me raidis. Il faut absolument que je me détende, me livre à lui, à eux. Jonah me toise, plein d’espoir et d’excitation. J’en ai envie, Teddy aussi, Jonah également. La pression monte d’un cran. Je lui demande de s’arrêter un instant, il répond dans un sourire : « c’est toi qui me dis, moi je ne fais rien ! ». Je souffle. Puis lâche prise peu à peu. J’ai envie qu’il entre, qu’il me pénètre, qu’il s’enfonce en moi. Je sens le plaisir poindre, quelque part pas loin. Je m’abandonne un peu plus tandis que Jonah vient me scruter, me caresser, titillant mes tétons déjà malmenés, véhiculant comme toujours des sensations enivrantes dans tout mon corps. Affreusement excitant. Je sens que Teddy s’enfonce un peu plus, je m’offre davantage à lui, remuant doucement du bassin. J’ai envie de cette jolie queue, j’ai envie que l’on réalise ce qu’on a évoqué sur Whatsapp. Mon corps tout entier réclame son sexe dur. Je glisse ma main entre mes lèvres, caresse mon clitoris gonflé. Me voilà toujours et encore trempée. Il s’enfonce davantage, me faisant rouler les yeux. « Tu risques de me faire jouir… » lui dis-je, comme une menace. Cela ne l’arrête pas. Il entame des va-et-vient lascifs qui me rendent dingue. Je le freine un peu, pourtant empalée sur son membre, pressentant la douleur, jamais très loin, puis réclame finalement qu’il me pilonne un peu plus. Jonah me murmure qu’il est fier de moi et que c’est un véritable kiff de me voir ainsi prise. Je sens que l’orgasme n’est pas loin, il s’approche sournoisement, tandis que Teddy ne faiblit pas. L’intensité de cette position me porte, m’emporte. Le savoir à cet endroit autant que la pénétration elle-même m’excitent terriblement. Je prends Jonah en bouche, délicieusement cernée par deux queues. Seulement, Teddy ne me ménage plus, il me cogne frénétiquement. Et c’est là que je jouis de façon indescriptible, traversée par un orgasme inédit (encore un, oui !), que je ressens jusque dans le bout des pieds. Très vite, je me soustrais à sa queue et m’écroule sur le canapé, terrassée par la jouissance. Je tente de reprendre mon souffle, parviens à peine à ouvrir les yeux. Je suis si bien… « Sous endorphines».

    Teddy, ma fontainede jouvence...


    Pause obligatoire car je ne suis plus vraiment là. Partie loin… très loin. J’essaie d’imaginer si un orgasme masculin peut être aussi ravageur et profond que celui d’une femme. J’en doute. Je reviens à la réalité, lentement. Les garçons s’amusent et me charrient : finalement, je ne suis pas si insatiable que ça ! A cet instant, il est vrai que je me laisserais bien aller vers le sommeil, apaisée, repue, comblée même. C’est sans compter sur mes amants qui n’ont pas encore atteint les sommets de la jouissance. A nouveau ils se relaient pour me prendre, avec ferveur, pour mon plus grand ravissement. Quelle femme peut prétendre à deux orgasmes, plusieurs éjaculations fournies et des kyrielles de coïts tous plus savoureux les uns que les autres, et cela, dans la même soirée ? Moi ! Moi ! Moi ! Chanceuse… définitivement. J’en suis consciente. Dire que certaines femmes passent leur vie sans connaître un seul orgasme. Quelle tragédie.
    Teddy semble infatigable, me pilonne encore, jusqu’à sa jouissance, qui sera comme à son image, discrète mais sincère. Je me glisse alors jusqu’aux genoux de Jonah qui semble décliner avec la fatigue et sous une poussée de fièvre. Mais son érection ne faiblit pas, elle. Alors, bien décidée à lui faire partager ce plaisir dont j’ai bénéficié durant toutes ces heures, je le suce avec délice, jusqu’à l’orgasme.
    Mon entrejambe est en feu et à grands renforts d‘eau froide, je tente d‘éteindre l‘incendie… Les garçons semblent apaisés.
    C’est l’heure du dessert. On se restaure tout en bavardant de ce ton léger qui a ponctué toute la soirée. Je suis bien avec eux deux, entourée, considérée et entièrement décomplexée. Je jette un œil à l’heure et me dis qu’il est normal que la fatigue me gagne doucement. Pourtant, nous continuons de bavarder. C’est simple et toujours aussi agréable, drôle. Vers deux heures du matin, -mon Dieu, comme ça va être dur demain matin !- Teddy décide de nous laisser. Il se rhabille et décline l’offre du gîte, préférant des heures de grasse matinée dans son lit préféré à une chambre inconnue, ce qu’on comprend aisément. Seulement, il semble bien avec nous et réciproquement. Jonah qui me connaît et a des envies d’encore recommence à me caresser et me défait de la couverture qui m’enveloppe. Nue sur le canapé, Teddy me regarde avec gourmandise et finit par se déshabiller à son tour ; nous nous remettons au sexe ! Dingue ! Quelle endurance…
    Là encore, ils me prennent l’un puis l’autre, avec application, sans perdre de la vigueur. J’aurais baisé -ou plutôt été baisée- de 18 heures trente à quasiment trois heures du matin. Bel exploit ! Pour nous trois. Je sais déjà que je ne suis pas prête d’oublier ça…
    Teddy finit par nous quitter peu avant trois heures. Je ne peux pas m’empêcher de lui dire de faire attention sur la route -je ne suis pas sa mère bon sang !- et son joli sourire me manque déjà. Comme à chaque rencontre, c’est devenu une tradition, lorsqu’on se sépare, il y a cette petite amertume, malgré l’envie et le besoin réel de se retrouver à deux. On se remercie, on se souhaite une belle nuit, on se félicite presque… Que c’était bon ! Il file dans la nuit, on file au lit non sans lui avoir laissé un petit message, des étoiles plein les émoticônes auquel il répondra en arrivant, nous assurant d‘avoir lui aussi passé une belle soirée. Sa jeunesse ne fut définitivement pas un obstacle à la réussite de cette soirée. Nous nous félicitons avec Jo de ce casting -encore une fois- réussi.
    Le lendemain, via Whatsapp, Jonah lui laisse une porte ouverte -une première- : « Tu as gagné le droit de revoir la Belle en tête-à-tête si tu veux et si l’occasion se présente ». Je ne dis rien mais savoure le bonheur de notre couple, épanoui et équilibré, faisant de moi une femme comblée accompagnée d’un mari bienveillant et incroyable. A l’affût de l’occasion maintenant…


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  • Voir la vie en noir... et blanc

    Voir la vie en noir... et blanc

    Voir la vie en noir... et blanc

     

     

    Voir la vie en noir... et blanc

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  • Chiara & moi...

    Chiara & moi...

    Chiara & moi...

    Chiara & moi...

    Chiara & moi...


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    C’est Jonah, comme souvent qui a répondu au tout premier message d’Amadeus, le 13 janvier. Ce dernier mit en avant le fait que nous soyons géographiquement proches, qu’il connaissait les nombreuses sollicitations que nous subissions mais qu’il tentait. Simplicité et efficacité, avec une pointe de sincérité. Il n’en fallait pas plus. Jonah lui répond gentiment, m’indique en aparté qu’un (énième) homme seul nous démarche, il veut mon avis. En visitant son album, je me dis que ce barbu aux formes charnues (le sport oui oui, y ‘a pas de secret) est plutôt appétissant et je me projette déjà entre ses bras, les yeux brillants. Lorsque je reprends la conversation sur le site, je lui annonce que seules 20 petites minutes nous séparent. Un luxe au vu de toutes nos précédentes rencontres. Il s’en amuse et annonce la couleur : « c’est pratique, sur un coup de tête, une envie soudaine de prendre un verre, un message et hop… ».  

    On aime son fonctionnement, simple, naturel et fonceur. La discussion est fluide, agréable. Le feeling est là. Le 15 janvier, notre conversation bascule sur Whatsapp, à 3. Le fil de la conversation s’étire longuement, il est bavard, nous lui répondons sans jamais tarder, nous ne boudons pas notre plaisir d’avoir en face de nous un libertin d’une rare sensualité, à l’humour débordant, qui nous livre ses fantasmes, ses envies, avec une sincérité appréciable. Nous échangeons photos, vidéos et autres messages vocaux qui stimulent notre libido. La toute première photo est prise par Jonah, alors que je traîne sur le canapé, mon téléphone dans les mains. Pas de sensualité. Juste l’instant. Notre libertin se saisit de cette occasion pour détailler notre intérieur et décrit certains traits de notre personnalité, de notre vie, grâce aux indices pris dans le décor, avec une épatante perspicacité. Nous sommes titillés et amusés. Ça matche véritablement.

    Amadeus est un libertin épanoui, se dit favorable à la bissexualité, heureux dans sa vie -du moins c’est  ce qui transparaît. Fraîchement séparé, il a basculé vers le célibat, ceci lui permettant de jouir d’une certaine liberté retrouvée et de profiter des joies du libertinage avec un appétit féroce. Régulièrement, il fait des rencontres, peu lui importe l’heure, puisqu’il n’a pas besoin de quantité de sommeil pour garder cette forme et cet enthousiasme qui le caractérisent. Jamais d’homme seul, selon lui. Des couples, des femmes. 

    En se montrant sous un jour bisexuel, Amadeus change la donne : Jonah et moi sommes ainsi sur un pied d’égalité. Pour la première fois. Et c’est très confortable. Je sens que les garçons prennent leurs marques, l’un ne voulant pas effrayer l’autre, tout en testant les limites de ce qui sera apprécié, accepté ou refusé. Jonah se dit bi soft. Ce qui implique qu’aucune pénétration n’est envisagée, même s’il reste ouvert et à l’écoute de l’autre dans les moments intenses. Les jeux évoqués dans notre conversation sont torrides et débridés. Amadeus ne manque pas d’imagination et montre autant de désir pour l’un que pour l’autre. Nous ne touchons plus terre !  

    La proximité de son domicile facilite les choses. Nous avons rarement rencontré un libertin aussi rapidement après le premier contact. Il faut avouer que nous sommes en confiance, que sa jovialité fait du bien et que ce qu’il nous montre de lui est très attrayant. On a tous les deux envie de lui et réciproquement. Tous les ingrédients sont réunis, alors on saute dans le grand bain et rendez-vous est pris pour le 23 janvier.  

    En attendant cette date, Amadeus joue le jeu de la séduction et ça fonctionne terriblement bien. Si bien que le jour J, j’ai la sensation d’aller voir un copain de longue date, avec la certitude de passer une bonne soirée. Pourtant, en dehors de sa jolie voix à l’accent chantant, de son physique sculpté dans le marbre, de son sourire enjôleur, de son sexe souvent dressé et conséquent, nous ne savons rien de lui. Juste que passer cette soirée sera un moment forcément délicieux. Peu de place pour le trac ce soir-là. Et le trajet nous laisse à peine le temps de nous mettre en conditions. L’ambiance est légère dans la voiture, malgré la conduite de nuit sur une route qui nous est inconnue, malgré la neige tombée la veille. Nous ne savons pas à quelle sauce nous allons être dégustés, mais c’est un sentiment d’excitation qui l’emporte sur tous les doutes ou peurs éventuels.  

    Pour ne pas éveiller trop de soupçons auprès de notre trio d’enfants sages et de plus en plus curieux, j’ai enfilé sur ma jupe serrée et mes porte-jarretelles un gilet quelque peu mémère, et enfilé des bottines plates et confortables. Ma fille aînée a déclaré : « On voit Maman que tu n’as pas très envie d’y aller à cette soirée parce que ta tenue… Pas top ! » ce qui n’a pas manqué de nous faire rire. J’ai confirmé que ce dîner chez les amis de Papa ne m’emballait guère, mais qu’il faut parfois se pousser un peu. Affreux menteurs que nous sommes... la culpabilité teinte toujours un peu nos sorties libertines.

    A notre arrivée, avant qu’Amadeus ne descende nous ouvrir la porte de son immeuble, je vire mon gilet d’aïeule, troque mes chaussures confortables pour des talons qui ne me permettraient pas de marcher très loin -quoi que les progrès en matière de démarche en talons aiguilles soient indéniables-. Je sors dans le froid, rejoins Jonah et l’aperçois enfin. L’heure de la confrontation à la réalité a sonné. Tiens, il est vêtu ; je n‘y suis pas habituée. Chemise cintrée, jean, chaussures de ville, barbe et toujours ce sourire qui nous a tant plu. Les premières minutes, la timidité semble cristalliser la conversation, davantage artificielle que par écrit. Aurait-il le trac ? Nous pénétrons son intérieur où tout est propre et ordonné. Au mur, des photos de ses enfants. Rassurant. Nous nous installons autour de la table basse, sur son canapé qui deviendra notre terrain de jeu. J’ignore à ce moment s’il a remarqué que j’ai écouté et respecté ses goûts en portant ce haut qui laisse deviner ma poitrine en liberté, pointant fièrement. Pour le moment, Jonah et moi buvons du petit lait : les ingrédients qui nous semblent essentiels sont là : musique, lumière tamisée, bougies, et à la télévision, un feu de cheminée. On lève nos verres, on trinque, on se détend, on apprend à se connaître encore. Le ton est léger, la blague en ligne directrice. Les choses sont presque trop faciles. Amadeus parle de sexe comme il parle boulot ou musique. A l’aise, définitivement.  

    Il nous a gâtés ce soir, a respecté notre régime alimentaire végétarien, a cuisiné des légumes en quantité et dressé une table pour l’apéritif carrément gourmande. C’est un vrai plaisir d’être accueillis ainsi. Jusqu’ici, jamais nous n’avons été déçus en arrivant chez des libertins. Toutefois, nous n’avons pas tous les mêmes critères d’ambiance. La télévision allumée, on ne valide pas. L’éclairage central au plafonnier, non plus. L’étendoir au milieu du salon encore moins. On appelle ça être exigeants.  

    Encore une fois, les places sont stratégiques : à chacun de mes côtés un homme. Et tandis que nous bavardons, j’ai en tête les gestes à venir, je regarde ses mains et les imagine déjà sur moi, en moi. Lorsque je file aux toilettes, je ne peux m’empêcher de sourire, tremblante d’excitation -et un peu de froid pour tout avouer-. J’ai hâte que les corps se rapprochent et en même temps, le moment qui précède est toujours délicieusement affolant. J’ai envie de tout et me sens capable de tout. Sans limite. Ça me fait presque peur. Je m’essuie en constatant que je dégouline de cyprine, j’ai presque honte. L’idée de retourner vers ces deux hommes qui vont me prendre, tôt ou tard, est alléchante, seulement, les savoir dans ce salon, en pleine discussion, me ravit. De quoi parlent-ils ? A quoi songent-ils au fond d’eux ? Ont-ils des envies particulières ? L’un de l’autre ? Je m’ajouterai à eux. Ce mélange à venir est grisant. Il n’y a pas à faire attention aux gestes, à respecter à tout prix l’hétérosexualité de l’un. Tout est possible, surtout avec Amadeus qui semble très ouvert et extrêmement à l’aise dans sa sexualité, dans son corps, avec un enthousiasme sans faille. Sa personne est délicieusement excitante et véhicule des envies illimitées, débridées, inédites. Jonah et moi sommes en confiance, Amadeus l’est visiblement aussi alors tous les ingrédients sont là pour que commence notre symphonie.  

    Et ça commence très vite, sans chichi, avec une certaine douceur. L’atmosphère est douce et je m’y sens parfaitement bien. Notre hôte commence à m’embrasser dans le cou, chose rare. C’est délicieux car nouveau. Son odeur est nouvelle, ses gestes, la texture de sa peau sont une découverte, le goût de ses lèvres. Jonah nous observe depuis son fauteuil, amusé, excité. Je vois dans ses yeux cette lueur qui me porte, comme à chaque fois, celle qui me fait oser aller vers un autre homme, celle qui me renforce dans mon statut de libertine. Lentement, sans aucune appréhension, je m’abandonne à Amadeus qui sait si bien y faire. J’aime cette façon qu’il a de m’approcher avec respect, et toute la sensualité du monde. Le rapprochement s’opère encore un peu et Jonah se joint à nous, sur ce canapé qui accueillera l’embrasement de nos corps.

    Son téléphone sonne. On interrompt les choses à peine commencées. Un vent de frustration -ou est-ce de l’agacement- souffle en moi. Amadeus a l’air d’être d’avantage accro à son téléphone que je ne le suis moi-même. On se retrouve en tête-à-tête avec Jonah, plaisantant sur l’éventualité d’un coup monté pour nous faire fuir. Ça nous fait marrer. Lorsqu’il revient, avec son accent chantant, il annonce : « Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu ». Nous ne le savons pas non plus. Le stress ? Un réflexe ? Toutefois, il reprend avec un naturel qui le caractérise si bien, là où nous en étions, c’est-à-dire aux baisers. Très vite, je suis dévêtue, ne portant que mon porte-jarretelles noir et mes bas, sexy à souhait. Dans le regard des garçons, je sens un désir grandissant. La chaleur monte, tout comme le plaisir, lorsqu’il s’immisce entre mes cuisses. Mes deux hommes sont à présents dénudés et c’est avec délectation que je les regarde, le sexe dressé, les mains sur mon corps. J’admire les courbes d’Amadeus. Charnues, appelant les caresses.

    Amadeus est démonstratif et ses gémissements sont évocateurs du plaisir qu’il prend. Jo et moi le prenons en bouche en nous dévorant du regard, c’est enivrant et assez nouveau. Dans ces jeux, toutes les configurations possibles ont été réalisées mais ce que je retiens au-delà de l’abandon dans lequel j’ai sombré, c’est le mot double : double pénétration. Des deux façons envisageables. Ce fut pour les deux positions un rare délice, peut-être pas aussi intense pour les garçons. C’est une expérience sexuelle qui demande certains paramètres et cela n’avait jamais été très concluant, sauf avec Lancelot (on avait dû stopper rapidement, tant la douleur avait pris le pas sur le plaisir, seul écueil à ce genre de pratique). L’idée qu’ils soient tous les deux en moi a suscité une excitation cérébrale vraiment nouvelle ainsi qu’un plaisir inouï. Je me sens plus dépravée encore que cela puisse être.

    Ce soir-là, pétrie de confiance, je me suis ouverte à mes amants, sans appréhension aucune. Alors ce fut pour moi un ravissement, autant pour les sens que pour la satisfaction de voir Jo dans les mains/dans la bouche d’un homme, et d’avoir relevé le défi de la double pénétration, le plaisir à la clé.

    Cette confiance qui est le maître mot depuis le début de nos échanges avec Amadeus me permet de faire chuter les barrières. Je vais me transformer en fontaine à deux reprises, grâce à la dextérité de mes deux amants, le canapé en fera les frais, et avoir un orgasme insensé. Quand je dis insensé c’est que le lâcher-prise m’a permis de prendre un pied de folie, avec par ailleurs, des sensations jusque sous la plantes des pieds. Ce même lâcher-prise me fera exulter vocalement dans la jouissance, gênant quelque peu les voisins qui auraient préféré faire une nuit complète. .

    Des bribes de souvenirs me reviennent tandis qu’ils me prennent tour à tour. Amadeus jouit en moi et c’est une satisfaction de voir que mon corps puisse le mener à la jouissance. Jonah, c’est dans ma bouche qu’il se répand, le seul à jouir sans gêner notre entourage.

    Après un moment de calme, durant lequel nous nous nourrissons et nous abreuvons de ce qui reste sur la table, -je n’ai pas gros appétit lorsque je suis entre deux hommes-, vient un moment de tendresse. Nous gisons tous les trois, sur le canapé, les peaux humides se collant, les doigts s’emmêlant, les mains se faisant plus caressantes encore. La musique continue de nous accompagner. La température est montée et je n’ai plus froid. J’apprécie beaucoup ces moments de pause, où la concupiscence fait place à la douceur. Le ton des conversations est toujours badin, léger. La complicité s’est véritablement installée. C’est souvent le moment du dessert, envie de sucré, de douceur.

    Notre sujet de conversation préféré revient très vite : le sexe. Et très vite, Amadeus montre des signes d’envie d’encore. Ça tombe bien, j’ai encore envie. Ce désir qui monte est contagieux et se diffuse à Jo. Je suis étendue entre eux deux, contre leurs peaux, contre leurs corps chauds. Amadeus soulève ma jambe et se glisse entre mes fesses, avec douceur, sans qu’il ne rencontre d’obstacle et cela m’étonne autant que cela me grise. Jo m’embrasse, titille mes tétons à nouveau dressés. Je me délecte et m’abandonne, yeux fermés, bouche entrouverte qui laisse échapper de longs gémissements. Difficile de me souvenir quels doigts se sont occupés de mon clitoris mais la jouissance a littéralement éclaté dans mon corps, entre mes reins, dessinant sur ma peau des frissons épidermiques.

    Amadeus est également un grand expressif en matière d’orgasme, alors je ne suis pas la seule à générer des désagréments dans le voisinage. C’est Jonah qui le fait jouir, de ses mains, tandis que je l’aide de ma bouche. Intense moment de complicité et d’ivresse.

    Puis le niveau sonore redescend, la température également. Je n’ai plus envie de bouger. Juste rester entre eux deux, protégée du reste du monde, apaisée, comblée.

    La réalité refait surface. Comme toujours. Il faut partir. Il est tard et nous travaillons tous les trois le lendemain. Nous nous habillons avec une certaine indolence. On se salue sur le pas de sa porte, fatigués mais heureux. On se dit à une prochaine fois, avec l’assurance qu’il y aura une prochaine fois. Et ça, c’est satisfaisant.

    Dans la voiture, Jonah et moi prenons notre temps avant de débriefer. Nous savourons l’instant. Et puis, je finis par annoncer : « C’était bien hein… », déjà nostalgique. Jonah confirme, avec sa pondération habituelle. Je sais qu’il a passé une belle soirée. Des messages sont échangés dans l’heure qui suit pour se remercier mutuellement de ces heures délicieuses passées ensemble. Le charme a opéré et nous sommes sur un petit nuage. On dirait qu’Amadeus a lui aussi passé un bon moment : « J’ai la tête ailleurs, vous m’avez donné beaucoup de vous. Vous êtes magiques, c’est vraiment un plaisir que d’avoir fait votre connaissance ». Jonah et moi rosissons. Il est délicieux cet Amadeus et on se délecte de sa personne. Quelle belle rencontre…

    La courte nuit ne sera pas réparatrice car étourdie que je suis,  je dois repasser chez lui avant ma journée de travail pour mon téléphone oublié sur son canapé. Un bel acte manqué dirait-on. Très vite les idées fusent dans mon esprit, car l’excitation est encore là. Et je vais constater via la conversation Whatsapp sur le mobile de Jonah qu’elles fusent également dans l’esprit des garçons. Seulement, la princesse que je suis (plutôt Reine mère maintenant...) a besoin de huit heures de sommeil pour être fraîche, dispose et enthousiaste. Tandis que je me prépare, la tête franchement embuée –n’aurait-on pas trop bu hier soir ?- les garçons n’en finissent plus d’échanger des messages. La magie opère toujours on dirait. Jonah lui décrit ma tenue vestimentaire, qui la plupart du temps après ce genre de soirée, est volontairement sobre. Aujourd’hui, ce sera jean et pull noir, dans lesquels je me sens séduisante, effets indirects de ce trio harmonieux.

    Il est tôt, je suis épuisée. Je monte en voiture pour rouler jusqu’à lui. Je n’ai aucun moyen de savoir ce qu’ils échangent durant mon trajet et c’est terriblement frustrant. En moi se jouent des conversations qui me dépassent. L’excitation grandit à l’idée d’une entrevue en tête-à-tête, toutefois, les mots de Jonah avant mon départ tournent dans ma tête : « Tu es sage, hein ? Et pas de regards avec des coeurs dans les yeux ».

    Je me gare en bas de chez lui, le coeur qui bat la chamade. Comme une môme. C’est idiot, je viens juste chercher mon téléphone. Certes. Mais, tout semble possible. Surtout avec Amadeus. Mon esprit coquin n’a pas de difficulté à imaginer des scènes lascives où je m’offre à lui dans l’intimité de son appartement. Je monte l’escalier, il m’attend. Nu sous son peignoir. Ce détail ne m’échappe pas, même, il me titille. Je me dis alors que les intentions d’Amadeus ne laissent pas de place au doute. Quel allumeur... Les cheveux en bataille, les yeux malicieux. On s’embrasse comme deux amis, les regards glissent, l’atmosphère est étrange. Le temps qui passe ne joue pas en notre faveur alors je récupère l’objet du délit en le remerciant, pouvant à peine le regarder dans les yeux. Il y a une certaine tension. Sexuelle, bien sûr. Il me semble si accessible, si ouvert... il suffirait que je glisse ma main... Stop. Je dois partir, je décline son invitation à boire un café qui m’aurait définitivement frustrée. Ou menée à l’interdit. Il m’annonce que dans les messages échangés, Jonah ne se sent pas prêt. Je sais qu’il n’est pas candauliste. Alors, raisonnablement, on se dit au revoir, je l’embrasse tout près de sa bouche. Dans mon souvenir, j’ai effleuré son sexe, du bout des doigts, involontairement –ou pas-. Ou est-ce mon esprit qui a créé ce joli souvenir ? Mystère. Je m’enfuis jusqu’à ma voiture, le laissant seul avec son désir, étouffant le mien. Raisonnable. En paix avec moi-même. La culotte sévèrement humide.

    127 messages ont été échangés pendant mon trajet. J’en reste scotchée. Cette complicité entre eux est un ravissement. Je lis avec un plaisir non feint tous ces échanges –même si parfois je suis déstabilisée de ne plus être au centre du trio-, satisfaite de notre bonne conduite, et prête à affronter ma journée qui risque d’être longue, avec en tête la ferme intention de le revoir. Pour sûr, Amadeus est un virtuose du libertinage. A vingt minutes de chez nous… quelle aubaine.

     


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